Il ne l’avait ni prévu ni envisagé, si bien qu’il faillit perdre la tête de joie et de satisfaction (1). Il approuva tout ce que son fils avait accompli, et la nouvelle de l’événement (2) se propagea parmi les rois : ils s’inclinèrent alors et s’humilièrent. Chacun envoya s’excuser de ce qui lui était attribué et en rejeter la responsabilité sur d’autres. Il accepta leurs excuses, conclut avec eux une paix solide et accueillit un nouveau règne (3) – louange à Dieu –, tandis que la souveraineté de la Géorgie (al-Karaj) revint à al-Awhad avec toutes les conditions qu’il avait posées (4). Al-Ashraf épousa la fille de celui-ci (5).
D’une anecdote étonnante rapportée par Abou Châma (6) au sujet de cet événement, on relate que le prêtre du roi, qui était devin (7) et observait les astres, lui dit la veille : « Sache que demain tu entreras dans la citadelle de Khilât, mais revêtu d’un habit qui n’est pas le tien (8), à l’heure de la prière de l’‘Asr. » Et il se trouva qu’il y entra en captivité (au moment) de l’appel à la prière de l’‘Asr.
Mention (9) est faite ensuite du décès du seigneur de Mossoul, Nûr al-Dîn (10). Le roi Nûr al-Dîn (Arslan) Shâh fils de ‘Izz al-Dîn (11) Mas‘ûd, fils de Qutb al-Dîn Mawdûd ibn Zankî, seigneur de Mossoul, envoya demander la main de la princesse, fille du sultan (12) al-Malik al-‘Âdil. Il dépêcha son émissaire pour conclure le contrat à trente mille dinars. Or, Nûr al-Dîn et son émissaire vinrent à mourir en chemin, et le contrat ne fut conclu qu’après son décès (que Dieu lui fasse miséricorde).
Ibn al-Athîr (13) fait grand éloge de lui dans son “Kâmil”, et le loue pour son sens de la justice, sa vaillance et sa droiture.