Il laissa en héritage des vêtements, des biens immeubles et des équipements, et il laissa deux fils dont chacun reçut quarante mille dinars. Son fils aîné s’était enrôlé et servit le sultan Muḥammad ibn Taksh (1).
Ibn al-Athīr déclare dans son « al-Kāmil » (2) : « Cette année-là, mourut Fakhr al-Dīn Abū al-Faḍl (3) Muḥammad ibn ʿUmar ibn Khaṭīb ar-Ray, le juriste shāfiʿite, auteur de célèbres ouvrages en fiqh et en uṣūl [et d’autres encore]. Il était l’imam de son époque dans le monde entier. J’ai appris qu’il était né en l’an 543. »
De sa poésie, on rapporte :
« À Toi, ô Dieu de la création, je tourne mon visage et mon orientation,
et c’est Toi que j’implore (4) en secret comme au grand jour.
Tu es mon recours à chaque épreuve,
et Tu es mon refuge (5) dans ma vie comme dans ma tombe. »
Ibn as-Sāʿī (6) le transmit de Yāqūt al-Ḥamawī, qui le tenait d’un fils de Fakhr al-Dīn : « Il nous récita :
“Le complément des portes du bonheur pour les créatures
réside dans l’évocation de la majesté de l’Unique, l’Absolu, le Vrai ;
Lui qui régit toutes les contingences dans leur intégralité
et les produit dans la justice, l’équité et la sincérité.
La majesté de Dieu est au-dessus de toute similitude avec Sa création,
et Il fit triompher cette religion à l’ouest comme à l’est.
Il est un Dieu de grâce immense, de justice et de grandeur,
Il est le Guide et Celui qui égare, Celui qui apporte le bonheur et l’affliction.” »
Parmi ce qu’il récitait aussi dans certains de ses ouvrages (7), on trouve :
« L’ultime portée de l’élan des esprits est entravée,
et la plupart des efforts des humains sont voués à l’égarement.
Nos âmes vivent dans l’isolement à cause de nos corps,
et ce que nous récoltons de ce monde n’est que peine et tourment.
Nos longues recherches ne nous ont rien appris
si ce n’est accumuler le “il a dit, on a dit”. »
Puis il ajoute (8) : « J’ai examiné les voies de la théologie spéculative et les méthodes philosophiques, et je n’y ai pas trouvé de quoi étancher la soif ni guérir le malade. J’ai vu que la voie la plus proche est celle du Coran : lis, pour l’affirmation (al-ithbāt) : “Le Tout Miséricordieux S’est établi sur le Trône” [Tā Hā : 5]. »