Il est le frère du ministre, al-afḍal Ḍiyā’ ad-Dīn (1) Naṣr Allāh, et également le frère du ḥāfiẓ ‘Izz ad-Dīn (2) Abū al-Ḥasan ‘Alī, l’auteur de « Al-Kāmil fī at-tārīkh ». Abū as-Sa‘dāt al-Mubārak (3) naquit au cours de l’un des deux mois de Rabī‘, en l’an 544 de l’Hégire. Il écouta de nombreux ḥadīths, lut le Noble Coran et en approfondit les sciences, acquérant ainsi un vaste savoir (5). Il résidait à Mossoul et compila, dans diverses disciplines, des ouvrages utiles.
Au nombre de ses réalisations figure « Jāmi‘ al-uṣūl as-sitta », qui réunit le « Muwaṭṭa’ », les deux « Ṣaḥīḥ », les « Sunan Abū Dāwūd », celles d’an-Nasā’ī et d’at-Tirmidhī, sans toutefois citer Ibn Mājah (6). Parmi ses autres travaux figurent « An-Nihāyah fī gharīb al-ḥadīth », un « Sharḥ Musnad ash-Shāfi‘ī » (7), un « Tafsīr » en quatre volumes, ainsi que plusieurs ouvrages dans d’autres domaines.
[Qu’Allāh lui fasse miséricorde] Il fut hautement estimé par les souverains de Mossoul. Lorsque la royauté revint à Nūr ad-Dīn Arslan Shāh (8) [fils de Mas‘ūd ibn Mawdūd ibn Zankī], celui-ci dépêcha son mamelouk Lu’lu’ pour lui proposer la fonction de vizir. Abū as-Sa‘dāt refusa, et le sultan se rendit alors en personne auprès de lui. Il déclina de nouveau et lui dit : « J’ai déjà un âge avancé et je suis connu pour la diffusion du savoir. Ce poste requiert cependant une certaine contrainte et injustice (9), ce qui ne me sied pas. » Le sultan le dispensa donc de cette charge.
Abū as-Sa‘dāt raconta : « J’étudiais la langue arabe avec Sa‘īd ibn ad-Dahhān (10). Cet enseignant (11) m’ordonnait souvent de composer de la poésie, mais je n’y arrivais pas. Après sa mort, je le vis en rêve une nuit et il me donna à nouveau le même conseil. Je lui demandai : “Propose-moi un modèle à suivre.” Alors il répondit :
[Du mètre al-basīṭ]
Aime la grandeur (12) avec persévérance, si la victoire t’échappe…
Embrasse de ta joue la terre (13), lorsque la nuit devient sombre.