De Damas à Bagdad, dans le cadre d’une mission envoyée par al-ʿAdil, l’armée l’accueillit en présence du chambellan en chef. Le neveu du seigneur d’Irbil, Muẓaffar al-Dīn Kūkuburī (1), entra avec lui. La lettre contenait des excuses de la part du seigneur d’Irbil ainsi qu’une demande de bienveillance, et la réponse fut favorable.
Au cours de cette même année, al-ʿAdil s’empara du Khābūr et de Naṣībīn. Il assiégea la ville de Sinjār pendant un certain temps sans parvenir à la conquérir (2), conclut finalement la paix avec son souverain et se retira.
Parmi les personnages illustres et notables décédés cette année-là (3), on compte Abū al-Makārim Asʿad (4) b. al-Khaṭīr Abū Saʿīd Muhadhdhab b. Mīnā (5) b. Zakariyā [al-Asʿad b. Mammātī] (6) b. Abī Qudāma b. Abī Malīḥ, un écrivain et poète égyptien. Il embrassa l’islam sous le gouvernement de Ṣalāḥ al-Dīn et exerça la fonction de surintendant des dīwāns en Égypte pendant un certain temps. Ibn Khallikān (7) rapporte qu’il possédait de nombreuses qualités, rédigea plusieurs ouvrages (8), composa une version versifiée de la Sīra de Ṣalāḥ al-Dīn et de « Kalīla wa Dimna », et possédait également un « Dīwān » de poésie. Lorsque le vizir Ibn Shukr (9) accéda au pouvoir, il s’enfuit à Alep et y mourut à l’âge de soixante-deux ans.
Parmi ses poèmes figure celui qu’il composa au sujet d’un visiteur importun venu le voir à Damas (10), en mètre hazaj :
« Il racontait deux rivières, / Qui sur terre pourrait jamais les égaler ? » (11)