La dernière personne à avoir transmis le Musnad de l’imam Aḥmad (1) d’après Ibn al-Ḥuṣayn (2) provenait d’une famille de jurisprudence, de magistrature et de piété. Il était digne de confiance, juste et méticuleux dans la transmission. Parmi les vers qu’il récitait de mémoire, on trouve (mètre al-Ṭawīl) :
« Si Laylâ s’illuminait au levant du soleil, tandis que moi (3) me tiendrais derrière l’astre quand il se couche,
Je me dirais (4) que j’espère encore obtenir sa faveur, et mes vœux me soufflent : “Elle est assurément proche.” »
Ce fut le Qâḍī al-Quḍât (5) des terres égyptiennes, Ṣadr ad-Dīn ‘Abd al-Malik ibn ‘Īsā ibn Dirbas al-Marānī (6) le Kurde – Dieu Seul le sait mieux.
[Puis vint l’année six cent six]
Durant le mois de Muḥarram, Najm ad-Dīn Khalīl (7), cheikh des ḥanafites de Damas, arriva à Bagdad en tant qu’émissaire auprès d’al-‘Ādil, apportant de nombreux présents. Il débattit alors avec le cheikh de la Niẓāmiyya, Majd ad-Dīn Yaḥyā ibn ar-Rabī‘, à propos de l’obligation de l’aumône légale (zakât) sur les biens de l’orphelin et du dément. Le ḥanafite s’appuya (8) sur le non-caractère obligatoire, tandis que le šāfi‘ite l’objecta, et chacun fit preuve (9) d’éloquence dans les arguments avancés. Par la suite, le ḥanafite et ses compagnons reçurent des marques d’honneur (en raison) de leur mission, et la discussion eut lieu en présence du vice-ministre Ibn Šukr (10).
Le samedi cinq Jumādā al-Ākhira, al-Jamāl Yūnus ibn Badarān (11) al-Miṣrī, le chef des šāfi‘ites, arriva à son tour.