Bédhalhā(1) : Que le serviteur se méfie de ce bas monde, car il est trompeur et illusoire. Il dérobe(2) la fermeté des savants et des dévots, sans parler du commun des hommes et des chefs. Plus tard, Ibn al-Jawzî tomba dans ce dans quoi tomba auparavant as-Suhrawardî, et de manière encore plus grave.
Cette année-là, les Francs se dirigèrent vers Homs et traversèrent l’Oronte sur un pont qu’ils avaient préparé dans leurs contrées. Lorsque les armées victorieuses les remarquèrent, elles se mirent à leur poursuite. Les Francs prirent la fuite ; un grand nombre d’entre eux furent tués, et les musulmans s’emparèrent d’un butin considérable (louange à Dieu).
Cette même année vit la mort du seigneur de la Jazîra, l’un des pires hommes dans sa conduite et le plus vil dans son for intérieur(4). Il s’agissait du roi Sanjar Shâh(5) ibn Ghâzî ibn Mûdûd ibn Zankî ibn Aq-Sunqur al-Atâbakî, cousin de Nûr ad-Dîn, le seigneur de Mossoul. Celui qui l’exécuta fut son propre fils, Ghâzî. Il se rendit jusqu’à lui alors qu’il se trouvait dans les latrines, ivre, puis il le frappa de quatorze coups de couteau avant de l’égorger, tout cela afin de s’emparer du pouvoir. Mais Dieu le lui refusa(6) : on prêta alors allégeance au royaume à son frère Mahmûd. Quant à ce même Ghâzî [l’ingrat envers son père](7), il fut exécuté le jour même, si bien que Dieu le priva à la fois de la royauté et de la vie, tout en délivrant les musulmans de l’injustice, de la tyrannie et du vice de son père. Dieu le Très-Haut a dit : « C’est ainsi que Nous plaçons à la tête de certains injustes d’autres injustes, à cause de ce qu’ils ont commis. » (Al-An‘âm, 129)
Parmi ceux qui décédèrent également cette année-là(8), on compte Abû al-Fath Muhammad ibn Ahmad ibn Bikhtiyâr(9) ibn ‘Alî ibn Muhammad ibn Ibrâhîm ibn Ja‘far al-Wâsitî, plus connu sous le nom d’Ibn al-Mandâ’î(10).