Al-Kindī déclara : « C’est un chien ; il aboie comme aboie le chien (1). » Puis le cheikh Šihāb al-Dīn Abū Šāma dit : « Chacune des deux versions est rapportée (2), et il est également mentionné qu’elles pouvaient se lire avec un ğarr (cas indirect). »
La même année, Fakhr al-Dīn Ibn Taymiyya (3), prédicateur de Harrān (4), revint du pèlerinage à Bagdad et s’assit à la porte de Badr pour prêcher, à la place de Muḥyī al-Dīn Yūsuf, le fils [du cheikh Abū al-Faraj] (5). Il cita alors dans son propos (6) ces vers extraits du mètre al-basīṭ :
« Wa ibn al-labūn iḏā mā luzza fī qaran
… lam yastaṭiʿ sawlata al-buzli al-qanāʿīsi »
C’était comme s’il sous-entendait une critique visant Muḥyī ibn al-Jawzī, Yūsuf, parce que celui-ci n’était qu’un jeune homme de vingt-cinq ans. Dieu sait mieux.
Un vendredi, le neuvième de Muḥarram, un esclave franc entra ivre par la porte de la maqsūra de la Grande Mosquée de Damas, une épée nue à la main, alors que les fidèles étaient assis dans l’attente de la prière de l’aube. Il se rua sur eux, les frappant de son épée, tuant deux ou trois personnes. Il frappa ensuite le minbar avec son épée, qui se brisa ; on l’arrêta, on l’enferma au māristān, puis on le pendit le jour même au pont des Labbādīn (9).
La même année, le cheikh Šihāb al-Dīn al-Suhrawardī (10) revint de Damas chargé des présents du roi al-ʿĀdil, et l’armée vint à sa rencontre. Il rapportait également une grande somme d’argent pour lui-même (11). Auparavant, il était pauvre et ascète. À son retour, on lui interdit de prêcher et on lui retira les ribāṭs (couvents) qu’il administrait [jusque-là]. Il fut alors chargé de gérer l’argent qu’il avait en sa possession et se mit à le distribuer aux pauvres et aux nécessiteux, de sorte qu’un grand nombre de personnes [parmi les indigents et d’autres] s’enrichirent grâce à lui. Muḥyī ibn al-Jawzī déclara dans son cercle de prédication (12) [en substance] : « Cet homme n’a nul besoin de prendre des biens qui ne lui reviennent pas légitimement pour les redistribuer à ceux qui les méritent (13). Il aurait mieux valu qu’il ne s’en empare pas. (S’il ne les a pris que pour que son statut s’élève en les offrant, ou qu’il revienne à son état antérieur, on l’aurait laissé poursuivre ce qu’il administrait, et il n’aurait pas…) »