Le shérif (1) était présent, et une foule nombreuse se tenait auprès de lui. Quatre jours plus tard, Ḍiyāʼ al-Dīn Aḥmad b. Masʿūd al-Turkustānī (2), de rite ḥanafite, fit un cours au sanctuaire d’Abū Ḥanīfa (une assistance nombreuse de dignitaires et de notables y était présente).
Puis, au mois de Ramaḍān de la même année, les émissaires du calife arrivèrent auprès d’al-ʿĀdil pour lui remettre les robes d’investiture. Celui-ci, ainsi que ses deux fils al-Muʿaẓẓam et al-Ashraf, son vizir Ṣafī al-Dīn b. Shukr (3), et divers autres émirs, endossèrent ces augustes habits califaux. Ils entrèrent [dans] la citadelle [à l’heure de] la prière de ẓuhr par la Porte de Fer. Le vizir lut l’acte d’investiture en restant debout, et ce fut un moment mémorable.
La même année, le [shaykh] Sharaf al-Dīn (4) ʿAbd Allāh b. Zayn al-Quḍāt ʿAbd al-Raḥmān [b. Sulṭān] dispensa un enseignement à la madrasa al-Rawāḥiyya (5) de Damas.
Au cours de cette même année, le shaykh [Ibn] (6) al-Khayyir al-Baghdādī abandonna le rite ḥanbalite pour adopter la doctrine shāfiʿite (7), et il donna un cours à la madrasa de la Mère du calife. Des notables [et des savants] de tous les rites assistèrent à sa leçon.
Parmi les personnages éminents décédés cette année-là (8), on compte l’émir [al-kabīr] Binyāmīn (9) b. ʿAbd Allāh, l’un des émirs du calife al-Nāṣir, et qui figurait parmi les plus nobles émirs, [en piété], en intelligence, en intégrité et en chasteté (10). L’un des scribes chrétiens l’empoisonna, causant sa mort [– qu'Allah lui fasse miséricorde –]. Celui qui l’empoisonna se nommait Ibn Sāwā. [Lorsque le calife eut connaissance de l’affaire, il livra Ibn Sāwā] (11) aux serviteurs de Binyāmīn, mais le vizir Ibn Mahdī intercéda en sa faveur et déclara que les chrétiens offraient cinquante mille dinars pour sa libération. Le calife écrivit alors au sommet de la page (12) : [extrait du basīṭ].