Région voisine des terres de Kachlî Khan, on la crut menacée d’une possible prise de pouvoir de sa part. Puis Gengis Khan se souleva contre Kachlî Khan, et se trouva occupé à le combattre plutôt qu’à affronter Khwârazm Shâh. Par la suite (1), il advint des événements singuliers que nous relaterons, si Dieu le Très-Haut le veut.
Au cours de cette même année, les incursions des Francs de Tripoli se multiplièrent aux abords de Homs. Asad ad-Dîn Shîrkûh, trop faible pour leur résister, demanda de l’aide à al-Ẓâhir, seigneur d’Alep, qui lui envoya des troupes pour se renforcer contre les Francs. Le roi al-ʿÂdil sortit alors des terres égyptiennes (2) à la tête des armées islamiques et dépêcha un message aux armées de la Jazîra [al-ʿumariyya] pour qu’elles le rejoignent. Elles se retrouvèrent auprès de ʿAkkâ (Acre), qu’il assiégea, car les Chypriotes (3) s’étaient emparés d’embarcations (4) transportant des musulmans. Le seigneur dʾAcre réclama alors la sécurité et la trêve afin de libérer les captifs, et al-ʿÂdil consentit à cette demande. Il marcha ensuite jusqu’à la région du lac Qadis (5), non loin de Homs, puis poursuivit vers les territoires de Tripoli, où il demeura douze jours à tuer, capturer et s’emparer de butin [et dévasta certaines de ces contrées tripolitaines], jusqu’à ce que les Francs s’inclinassent en faveur d’une trêve. Il regagna ensuite Damas.
Cette même année, l’émir de l’Azerbaïdjan, Nuṣrat ad-Dîn Abû Bakr ibn al-Bahlûl (6), s’empara de la ville de Marâgha (7), en l’absence d’un roi assez fort pour s’y opposer. En effet, le souverain de la ville était mort et avait laissé un enfant en bas âge pour lui succéder (8), dont les affaires étaient administrées par un serviteur (9).
Le premier jour de Dhû l-Qaʿda (10), Muḥyî ad-Dîn Abû Muḥammad Yûsuf ibn [le shaykh Abû l-Faraj] ʿAbd ar-Raḥmân ibn al-Jawzî (11) compara devant le juge suprême (qâḍî al-quḍât) Abû l-Qâsim ibn ad-Dâmghânî (12). Celui-ci ratifia son témoignage et le nomma muḥtasib (inspecteur du marché) des deux rives de Bagdad, en lui remettant un précieux vêtement noir bordé d’une coiffe sombre. Dix jours plus tard, il s’assit pour prêcher à la place de son père, Abû l-Faraj, à la porte de Badr.