Al-Bidayah wa an-NihayahIbn Kathir

Dans le but d’acquérir (1) des richesses, il déclara : « Oui », et il envoya avec eux une escorte qui veille sur leur sécurité (jusqu’à la ville de) Khwârazm (2). Lorsqu’ils s’approchèrent (de) la cité de Khwârazm, le roi s’y rendit le premier. Lorsque la population le vit, elle se réjouit d’une immense joie [véritable], et dans tout son royaume retentirent les annonces de bonne nouvelle. Le roi rentra alors dans ses droits et l’allégresse s’établit grâce à son retour. Il répara tout ce qui s’était effondré dans son royaume en raison de la rumeur selon laquelle il aurait été tué (3). Puis il assiégea Hérat et s’en empara par la force.

Quant à celui qui l’avait fait prisonnier, un jour il déclara à l’émir Mas`ûd — lequel se rendait auprès de moi et vantait ses mérites — que Khwârazm Shâh avait été tué (4). Il répondit : « Non, c’est lui qui se trouvait dans ta captivité. » L’autre lui demanda alors : « Pourquoi ne m’en as-tu pas informé, afin que je l’aie renvoyé avec honneur et estime ? » (Il répliqua : « J’ai craint pour lui vis-à-vis de toi. ») Il lui dit : « Conduis-nous à lui. » Ils se mirent donc en route et, une fois arrivés, il les combla d’égards et leur témoigna beaucoup de bienveillance.

Pour ce qui est de la trahison du maître de Samarcande, il tua tous ceux qui se trouvaient dans son pays (5) parmi les Khwârazmiens, et il arrivait qu’on coupât un homme en deux morceaux puis qu’on le pendît au marché, comme on le fait des moutons. Il songea même à tuer sa propre épouse, la fille de Khwârazm Shâh ; cependant, revenant sur sa décision, il se contenta de l’emprisonner dans une forteresse, en la soumettant à de nombreuses contraintes. Lorsque cette nouvelle parvint au [roi] Khwârazm Shâh, il marcha contre lui avec ses troupes (et le rejoignit au combat), assiégea Samarcande, s’en empara par la force et mit à mort près de deux cent mille de ses habitants. Il fit sortir le roi de sa forteresse et l’exécuta devant ses yeux, le laissant sans aucune progéniture ni descendance. Khwârazm Shâh s’empara alors de tous les royaumes se trouvant en ces contrées.

[Cette année-là], les Khitans et le roi des Tatars, Kishlî Khân, voisin du royaume de Chine, se livrèrent bataille. Le (roi) des Khitans écrivit alors à Khwârazm (6) Shâh en réclamant (7) son soutien contre les Tatars ; il disait : « S’ils nous vainquent (8), ils parviendront à tes terres, et ainsi de suite. » Les Tatars lui écrivirent également pour lui demander aide et appui contre les Khitans, en disant : « Ceux-ci sont nos ennemis et les tiens, tiens-toi donc à nos côtés contre eux. » Khwârazm Shâh répondit à chaque camp en flattant leurs dispositions, puis il assista au combat en se tenant à l’écart des deux camps. Le sort des armes tourna alors contre les Khitans, qui furent anéantis à l’exception d’un petit nombre d’entre eux.

Les Tatars trahirent (9) le pacte qu’ils avaient conclu (10) avec Khwârazm Shâh, si bien qu’une profonde hostilité (11) s’installa entre eux. Ils se donnèrent rendez-vous pour le combat. (Khwârazm Shâh, les redoutant, dévasta de nombreuses contrées.)

(1) T : Ensuite, il s'efforce d'acquérir de l'argent. (2) T : Khwarezm-Shah. Le terme « Shâh » est superflu ici car ce qui est visé est la ville et non le roi. (3) A, B : de son absence. (4) A : Il dit un jour à Ibn Mas'ûd que Khwarezm-Shah avait disparu. (5) T : de celui qui était prisonnier. (6) T : de Khwarezm-Shah. (7) A : ils lui implorent secours. (8) B : ils ont vaincu. (9) A : les Tatars ont trahi. C’est une expression désapprouvée. (10) B : ils ne s’y sont pas arrêtés. (11) T : parmi eux.
بتحصيل (١) المال، فقال: نعم، فجهز معهما من يحفظهما (إِلى مدينة) خوارزم (٢) . فلما اقتربوا (من) مدينة خوارزم سبق الملك إِليها. فلما رآه الناس فرحوابه فرحًا شديدًا [جدًا] ، ودقت البشائر في سائر بلاده، وعاد الملك إِلى نصابه، واستقر السرور بإِيابه، وأصلح ما كان وهى من مملكته بسبب ما اشتهر من قتله (٣) ، وحاصر هراة وأخذها عنوة. وأما الذي كان (قد أسره فإِنه قال يومًا للأمير مسعود الذي يتوجَّه لي وينوِّهون به أن خوارزم شاه قد قتل (٤) ، فقال: لا، هو الذي كان) في أسرك، فقال له: فهلَّا أعلمتني به حتى كنت أردُّه موقَّرًا معظَّمًا؟ (فقال: خفتك عليه) ، فقال: سر بنا إِليه، فسارا إِليه فأكرمهما إِكرامًا زائدًا، وأحسن إِليهما. وأما غدر صاحب سمرقند، فإِنه قتل كل من كان ببلده (٥) من الخوارزمية، حتى كان الرجل يُقطع قطعتين ويُعلَّق في السوق كما تعلَّق الأغنام، وعزم على قتل زوجته بنت خوارزم شاه، ثم رجع عن قتلها وحبسها في قلعةٍ وضيَّق عليها، فلما بلغ الخبر إِلى [الملك] خوارزم شاه سار إِليه في الجنود (فنازله) وحاصر سمرقند فأخذها قهرًا وقتل من أهلها نحوًا من مئتي ألف، وأنزل الملك من القلعة وقتله صبرًا بين يديه، ولم يترك له نسلًا ولا عقبًا، واستحوذ خوارزم شاه على تلك الممالك التي هنالك. [وفيها] تحارب الخطا وملك التتار كشلي خان المتاخم لمملكة الصين، فكتب (ملك) الخطا إِلى خوارزم (٦) شاه يستنجد (٧) على التتار ويقول: متى غلبونا (٨) خلصوا إِلى بلادك، وكذا (وكذا) . وكتب التتار إِليه أيضًا يستنصرونه على الخطا ويقولون: هؤلاء أعداؤنا وأعداؤك، فكن معنا عليهم، فكتب خوارزم شاه إِلى كلٍّ من الفريقين يطيِّب قلبه، وحضر الوقعة بينهم (وهو متحيِّز عن الفريقين، وكانت الدائرة على الخطا فهلكوا إِلا القليل منهم، و) غدر (٩) التتار ما كانوا عاهدو (١٠) عليه خوارزم شاه، فوقعت بينهما (١١) الوحشة الأكيدة، وتواعدوا للقتال، (وخاف منهم خوارزم شاه وخرَّب بلادًا كثيرة
(١) ط: ثم يسعى في تحصيل المال. (٢) ط: خوارزم شاه. ولفظة شاه زائدة هنا لأن المقصود المدينة لا الملك. (٣) أ، ب: من عدمه. (٤) أ: قال يومًا لابن مسعود توحون أن خوارزم شاه قد عدم. (٥) ط: من كان في أسره. (٦) ط: لخوارزم شاه. (٧) أ: يستنجدونه. (٨) ب: غلبوا. (٩) أ: غدروا التتار. وهي لغة مفضولة. (١٠) ب: ما كانوا وقفوا عليه. (١١) ط: بينهم.

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