Al-Bidayah wa an-NihayahIbn Kathir

Que mon âme soit en rançon pour un jeune homme élégant et plein de coquetterie… Le jour où il nous fit ses adieux (1), il nous dit la vérité. Quiconque a espéré tirer profit de son amour en quête d’un baiser d’adieu (2) s’est finalement séparé de nous.

Iqbāl le serviteur (3), Jamāl ad-Dīn, l’un des serviteurs [du roi] Ṣalāḥ ad-Dīn, est celui qui fit don des deux fondations appelées « al-Iqbāliyya » (4), pour les shaféites et pour les hanafites. C’étaient, à l’origine, deux demeures [lui appartenant], qu’il transforma en deux écoles (madrasas) et dota d’une fondation pieuse. La plus grande fut consacrée aux shaféites et la plus petite aux hanafites, à cette dernière revenant le tiers de la dotation. Il mourut à Jérusalem [la noble] – qu’Allāh lui accorde Sa miséricorde.

[Puis arriva l’année 604 de l’Hégire]. Cette année-là, les pèlerins (5) revinrent en Irak, invoquant Dieu et se plaignant (6) auprès de Lui de ce qu’ils avaient subi de la part de Ṣadr Jahān al-Bukhārī (7) le hanafite, qui s’était rendu à Bagdad en mission, où le calife l’accueillit avec faste. Il partit ensuite en pèlerinage la même année, mais restreignit l’accès des gens à l’eau et aux vivres. Par sa faute, près de six mille pèlerins irakiens moururent cette année-là. Il est rapporté qu’il envoyait ses serviteurs en avance vers les points d’eau afin de les monopoliser ; ils s’emparaient de l’eau, l’utilisaient pour arroser la tente de Ṣadr Jahān en privant les autres voyageurs, sous la chaleur accablante du Ḥijāz, et même pour arroser les légumes qu’il transportait avec leur terre. Ils en empêchaient ainsi la population et les passants (Ibn as-Sabīl), ceux qui se dirigeaient vers la Mosquée sacrée (8) dans l’espoir d’obtenir la grâce et l’agrément de leur Seigneur.

Lorsque Ṣadr Jahān revint avec les pèlerins, la foule le voua aux malédictions, l’élite ne lui rendit aucun hommage, et le calife (9) ne le reçut pas non plus ni ne lui envoya personne. Il quitta Bagdad (10), poursuivi par la foule qui le lapidait et le maudissait. Cette année-là (11), les pèlerins le surnommèrent « Ṣadr Jahannam » (“l’avant-garde de l’Enfer”). Nous cherchons protection auprès de Dieu contre tout abandon et implorons qu’Il nous accorde davantage de compassion et de miséricorde envers Ses serviteurs, car Il ne fait miséricorde qu’à ceux d’entre Ses serviteurs qui font preuve de miséricorde à leur tour.

(1) Ṭ: Au moment de nos adieux. (2) Ṭ: Dans son meurtre ; ce qui est une déformation grave. (3) Sa biographie se trouve en note à la fin des « Rawdatayn » (59) et dans « Tārīkh al-Islām » (13/72). (4) Ces deux écoles se situent aux portes al-Faraj et al-Farādis, au nord de la mosquée, à al-Ẓāhiriyya al-Jawāniyya, à l’est d’al-Jārūkhiyya et à l’ouest d’al-Taqwiyya. Et Badrān a dit : Elles ont été étudiées ailleurs. Voir l’abrégé « Tanbīh al-Ṭālib » (29 et 76) ainsi que « Munādāmat al-Aṭlāl » (81 et 152). (5) A : al-Ḥājj. (6) A : « et ils appellent à Dieu tout en se plaignant aux gens », Ṭ : « et ils se plaignent ». (7) Dans la marge de la fin des « Rawdatayn » (59) : il s’agit de Muḥammad ibn Aḥmad ibn ʿAbd al-ʿAzīz al-Bukhārī. (8) Ṭ : al-Bayt al-Ḥarām. (9) A, B : Et aucun calife ne lui envoya quelqu’un. (10) B : Baghdad. C’est un des noms de Bagdad, qui est aussi appelée Baghdād, Maghdān, Baghdān et Madīnat al-Salām. Voir « Tārīkh Baghdād » (1/58-62). (11) Entre al-Ḥāṣiratayn dans Ṭ : an-nās.
نفسي فداءٌ لأَغْيدٍ غَنِجٍ … قال لنا الحَقَّ يوم (١) ودَّعَنا من وَدَّ شيئًا من حبّهِ طمعًا … في قُبلةٍ (٢) للوداع ودّعنا إِقبال الخادم (٣) جمال الدين أحدُ خدّام [الملك] صلاح الدين، واقف الإقباليتين (٤) الشافعية والحنفية، وكانتا دارين [له] فجعلهما مدرستين، ووقف عليهما وقفًا، الكبيرة للشافعية، والصغيرة للحنفية، وعليها ثلث الوقف. توفي بالقدس [الشريف] (رحمه الله) . [ثم دخلت سنة أربع وستمئة] فيها رجع الحجاج (٥) إِلى العراق وهم يدعون اللّه ويشتكون (٦) إِليه ما لَقوا من صدر جهان البخاري (٧) الحنفي، الذي كان قدم بغداد في رسالة فاحتفل به الخليفة، وخرج إِلى الحج في هذه السنة، فضيَّق على الناس في المياه والميرة، فمات نحو من ستة آلاف من الحجيج العراقي بسببه هذه السنة. كان فيما ذُكر يسبق غلمانه إِلى المناهل فيحجزون على المياه ويأخذونه فيرشُّونه حول خيمته فيحرموهم في قيظ الحجاز ويسقونه البقولات التي كانت تحمل معه في ترابها، ويمنعون منه الناس وابن السبيل، الآمّين المسجد (٨) الحرام يبتغون فضلًا من ربهم ورضوانًا، فلما رجع مع الناس لعنته العامة ولم تحتفل به الخاصة ولا أكرمه الخليفة (٩) ولا أرسل إِليه أحدًا، وخرج من بغداد (١٠) والعامة من ورائه يرجمونه ويلعنونه، وسماه الحجاج [في هذه السنة] (١١) صدر جهنم، نعوذ باللّه من الخذلان، ونسأله أن يزيدنا شفقة ورحمة لعباده، فإِنه إِنما يرحم من عباده الرحماء.
(١) ط: حين ودعنا. (٢) ط: في قتله؛ وهو تحريف شنيع. (٣) ترجمته في ذيل الروضتين (٥٩) وتاريخ الإسلام (١٣/ ٧٢). (٤) تقع هاتان المدرستان داخل بابي الفرج والفراديس شمالي الجامع والظاهرية الجوانية وشرقي الجاروخية وغربي التقوية. وقال بدران: إِنها قد اندرست. مختصر تنبيه الطالب (٢٩ و ٧٦) ومنادمة الأطلال (٨١ و ١٥٢). (٥) أ: الحاج. (٦) أ: وهم يدعون إِلى الله ويشتكون إِلى الناس، ط: ويشكون. (٧) في حاشية ذيل الروضتين (٥٩): أنه محمد بن أحمد بن عبد العزيز البخاري. (٨) ط: البيت الحرام. (٩) أ، ب: ولا أرسل إِليه الخليفة أحدًا. (١٠) ب: بغداذ. وهو أحد أسماء بغداد، وهي بغداد وبغداد ومغدان وبغدان ومدينة السلام. تاريخ بغداد (١/ ٥٨ - ٦٢). (١١) ما بين الحاصرتين في ط: الناس.

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