Après cela, certains individus le suivirent (1). [Cheikh Shihâb ad-Dîn] Abû Shâma (2) a déclaré : « Ce qui l’a poussé à agir ainsi fut [son intense préoccupation quant à la perte de ses biens] et la crainte que son honneur ne soit bafoué. » Il dit encore : « Il m’est moi-même arrivé une affaire semblable (3), et Dieu, gloire à Lui, m’a protégé par Sa grâce. » Puis il ajouta : « Après lui, l’enseignement fut assuré à l’école al-Amîniyya par al-Jamâl al-Misrî (4), agent de la trésorerie publique. »
Abû al-Ghanâ’im al-Markîs-hilâr (5) al-Baghdâdî servait auprès de ‘Izz ad-Dîn Najâh ash-Sharâbî et accumula une grande fortune. Chaque fois qu’il avait de l’argent, il achetait une propriété et l’enregistrait au nom d’un compagnon en qui il avait confiance. Au moment de sa mort, il recommanda à cet homme de s’occuper de ses enfants et de pourvoir à leurs besoins à partir de l’héritage qu’il leur laissait. Or, peu après, ce légataire tomba malade et convoqua des témoins pour certifier que les biens en sa possession appartenaient aux héritiers d’Abû al-Ghanâ’im. Mais les héritiers du légataire tergiversèrent pour réunir les témoins et s’attardèrent, si bien qu’une attaque le frappa et il mourut. Ses héritiers prirent alors possession de tout l’argent et des propriétés, et ne remirent rien aux enfants d’Abû al-Ghanâ’im de ce que leur père leur avait laissé.
Abû al-Hasan ‘Alî ibn ‘Alî (8) ibn Sa‘âda al-Fâriqî (9) avait étudié le fiqh à Bagdad. Il fut répétiteur à la Nizâmiyya et suppléa à son enseignement, puis exerça seul l’enseignement dans l’école fondée par la mère du calife. On voulut qu’il assume la fonction de vice-juge à la place d’Abû Tâlib ibn al-Bukhârî (10), mais il refusa. On le lui imposa cependant, et il s’en acquitta un moment, jusqu’au jour où il entra dans une mosquée, posa sur sa tête un voile de laine et ordonna à ses agents et gardes (11) de s’en aller. Il fit appeler des témoins pour attester qu’il se démettait de la vice-justice, et demeura répétiteur et enseignant (– qu'Allah lui fasse miséricorde –).
Le vendredi vingt du mois de Rabî‘ al-Awwal, la khâtûn, mère du sultan al-Lakk al-Mu‘aẓẓam ‘Isâ ibn al-‘Âdil (12), rendit l’âme. Elle fut enterrée dans la coupole [située] dans l’école.