Le plus généreux des rois dans sa conduite, le plus avisé et le plus solide [dans la guerre] (1). Lorsque ce roi fut tué, Fakhr al-Dîn al-Râzî (2) se trouvait en sa compagnie. Celui-ci prenait place pour faire des exhortations en présence du roi et le conseillait. Le sultan pleurait quand, à la fin de son prêche (3), il déclarait : « Ô Sultan, ta souveraineté ne perdurera pas, pas plus que Râzî ; au final, nous retournerons tous à Dieu. » À la mort du sultan, Râzî accusa certains gardes rapprochés d’avoir causé ce meurtre ; il prit alors peur et se réfugia auprès du vizir Mu’ayyad al-Mulk ibn Khawâja, qui l’envoya dans un endroit sûr. Après lui, l’un de ses mamlouks, Tâj al-Dîn al-Durr, s’empara de Ghazna. Il survint ensuite des événements trop longs à rapporter (4), que Ibn al-Athîr et Ibn al-Sâ‘î ont relatés en détail.
La même année, les Géorgiens (al-kurj) attaquèrent les terres musulmanes et atteignirent Khilât, où ils massacrèrent et emmenèrent des captifs, avant d’être combattus par les soldats et la population.
Cette année-là également, le maître d’Irbil, Muzzafar al-Dîn Kûkûbûrî (5), se mit en marche avec le souverain de Marâgha pour affronter le roi d’Azerbaïdjan, Abû Bakr ibn al-Bahlawân (6), à cause de son refus de combattre les Géorgiens et de son occupation permanente à la louange (à toute heure du jour et de la nuit). Ils ne purent le vaincre. Puis, cette même année, il épousa la fille du roi des Géorgiens, et ils cessèrent leurs attaques. Ibn al-Athîr (7) déclara à ce propos : « Comme on dit : il rengaina son épée et dégaina son sexe. »
La même année, le calife nomma Nasîr al-Dîn Nâsir ibn Mahdî al-‘Alawî al-Hasanî au poste de vizir, et il le revêtit des insignes de la vizirat. Des tambours furent battus en sa présence et à l’entrée de sa résidence aux heures de la prière [fajr, maghrib et ‘ishâ’] (8).
Toujours la même année, le maître des terres arméniennes, appelé Ibn Lâ’ûn, envahit les environs d’Alep, où il tua, captura et pilla. Le roi al-Zâhir Ghâzî ibn al-Nâsir sortit à sa rencontre, et Ibn Lâ’ûn s’enfuit devant lui. Al-Zâhir rasa alors la citadelle qu’Ibn Lâ’ûn avait érigée (10) et la mit complètement à terre.
Au mois de Sha‘bân de cette année, on démolit le pont romain près de la porte orientale et l’on utilisa ses pierres pour paver la mosquée.