Combien de regards ont entraîné la perte, sans que la main de celui qui vise n’ait saisi, pour celui qu’il a tué, l’instrument du combat ? (1)
Ils se sont présentés, sans toutefois accorder de salut. (2)
… Et réduire la salutation est l’acte de l’arrogant. (3)
Parmi ses poèmes bachiques, il dit (4) — sur le mètre Majzūʾ al-Kāmil :
« Mélange à l’argent fin un or qu’ont tracé les larmes de mes yeux,
Lorsque l’annonce funeste du départ déclara la séparation entre mon aimée et moi.
Deux soleils se mirent à palpiter pour nous, éclatant dans nos deux cœurs,
Et dans la coupe se révélèrent, de sa propre teinte, deux parures. »
Et parmi ses poèmes fondés sur la paronomase (5) — en mètre Majzūʾ al-Raml — il dit :
« Puissé-je souhaiter que celui qui a séjourné longuement en Syrie
Y demeure et s’y fixe !
Qu’il fasse du retour vers al-Zawrāʾ une part de sa récompense.
Te semblerait-il possible qu’un jour le destin me fasse fouler
La terre exhalant le musc de sa poussière ?
Et me permettra-t-il, ô lumière de mes yeux,
d’y poser le pied, afin qu’elle aussi puisse s’en émerveiller ? » (6)
Il s’agit d’Abou Naṣr Muḥammad ibn Saʿd Allāh ibn Naṣr ibn Saʿīd ibn ad-Dajjājī (7)(8),
un cheikh rayonnant, prédicateur hanbalite d’exception, érudit éminent et poète remarquable (9)(10).
De ses vers, on rapporte également (11), sur le mètre ar-rajaz :