Al-Bidayah wa an-NihayahIbn Kathir

Puis arriva l’an six cent un (601). Cette année-là, le calife an-Nâsir révoqua son fils Muḥammad, surnommé al-Ẓâhir, de la fonction d’héritier après avoir fait prononcer le prône en son nom durant dix-sept ans. Il désigna à sa place son autre fils, ‘Alî, mais celui-ci mourut peu de temps après. Le califat retourna alors à al-Ẓâhir, qui reçut l’allégeance en tant que calife après la mort de son père an-Nâsir, comme il sera mentionné en l’an six cent vingt-trois.

Au cours de cette même année, un gigantesque incendie se déclara dans la résidence califale, plus précisément dans les dépôts d’armes. Une grande quantité d’armes, de biens et d’habitations fut consumée, pour une valeur estimée à environ quatre mille mille dinars. La nouvelle du sinistre se répandit parmi la population, et les souverains de diverses contrées envoyèrent des présents – principalement des armes en guise de compensation –, ainsi que de nombreux autres objets à l’attention du calife.

Cette année encore, les Géorgiens se livrèrent à des exactions dans les terres musulmanes, massacrant une foule de gens et emmenant de nombreux captifs.

Une guerre éclata également entre l’émir de La Mecque, Qatāda al-Ḥasanī, et l’émir de Médine, Sālim ibn Qāsim al-Ḥusaynī. Qatāda marcha sur Médine et l’assiégea, contraignant Sālim à sortir et à l’affronter après avoir prié près du Tombeau sacré, implorant l’aide de Dieu contre Qatāda. Sālim l’attaqua, le mit en déroute et le poursuivit jusqu’à La Mecque, où il l’assiégea à son tour. Cependant, Qatāda envoya des émissaires auprès des commandants de Sālim pour les corrompre, si bien que Sālim dut se replier vers Médine et y rentrer sain et sauf.

Enfin, Ghiyâth al-Dîn Kaykhusraw, fils de Qilij Arslān, lui-même fils de Mas‘ūd, fils de Qilij, fils de Sulaymān, fils de Qutulmish, s’empara des terres du Rūm, qu’il arracha à son neveu. Il s’y établit, acquit un grand prestige, affermit son autorité et augmenta considérablement ses troupes. Les princes et seigneurs des frontières lui obéirent. Al-Afḍal ibn Ṣalāḥ al-Dîn prononça le prêche (khuṭba) en son nom à Samsāṭ, puis se mit en route pour le servir.

(1) À partir d'ici et jusqu'à la fin de ce volume, nous disposons de l’histoire de l’islam du Hafiz adh-Dhahî dans son propre manuscrit sur ses événements et décès ; nous avons basé notre travail critique sur cette version, jugeant utile de bénéficier de cette vaste histoire pour corriger ce volume de l’Al-Bidâya wa'n-Nihâya (Bachâr). (2) Dans les manuscrits A, W, T : « Muhammad ». L'occurrence ici relève du contexte grammatical. (3) Ce qui est entre parenthèses dans le manuscrit A : « les armes vers le calife en compensation de ce qui a été perdu : beaucoup de choses, louange à Dieu ». (4) Dans la version imprimée : « d'autres ». (5) Dans le texte imprimé : « Al-Ḥusaynî », ce qui est une erreur manifeste, car ces émirs de La Mecque sont Ḥusnîyoun et non Ḥusaynîyoun. Quant à Qatâda, il est le fils d’Idrîs ibn Maṭāʿn, décédé en 617 H, comme indiqué dans l’« At-Takmila » d’al-Mundhirî (3/17), dans l’« Târîkh al-Islâm » (13/513) et d'autres (Bachâr). (6) Dans la version imprimée : « Alors Allah lui vint en aide ». (7) Dans le manuscrit A : « Puis Qatâda envoya ». (8) Dans la version imprimée : « à Médine sain et sauf ». (9) Il fut tué en 607 H, sa notice est à la fin des « Rawḍatayn » (p. 80) et dans « Siyar Aʿlâm an-Nubalâʾ » (22/19).
ثم دخلت سنة إحدى وستمئة (١) فيها: عزل الخليفة الناصر ولدَه محمدًا (٢) الملقب بالظاهر عن ولاية العهد بعد ما خطب له سبع عشرة سنة. وولَّى العهد ولدَه الآخر عليًّا، فمات عليٌّ من قريب، فعاد الأمر إِلى الظاهر، فبويع له بالخلافة بعد أبيه الناصر كما سيأتي في سنة ثلاث وعشرين وستمئة. وفيها: وقع حريقٌ عظيمٌ بدار الخلافة في خزائن السلاح، فاحترق من ذلك شيءٌ كثيرٌ من السلاح والأمتعة والمساكن ما يقارب قيمتُه أربعة آلاف ألف دينار، وشاع خبرُ هذا الحريق في الناس، فأرسلت الملوك من سائر الأقطار هدايا [أسلحة إِلى الخليفة عوضًا عن ذلك وفوقه من ذلك شيئًا كثيرًا] (٣) . وفيها: عاثت الكُرجُ ببلاد المسلمين فقتلوا خلقًا، وأسروا أُمما (٤) . وفيها: وفعت الحربُ بين أمير مكة قتادة الحَسَني (٥) ، وبين أمير المدينة سالم بن قاسم الحسيني، وكان قتادة قد قصد المدينة فحصر سالمًا فيها، فركب إِليه سالم بعد ما صلى عند الحجرة واستنصر اللّه على قتادة (٦) ، ثم برز إِليه فكسره وساق وراءه إِلى مكة فحصره بها، ثم إِن قتادة أرسل (٧) إِلى أمراء سالم فأفسدهم عليه، فكرَّ سالم راجعًا إِلى المدينة، وهو سالم (٨) . وفيها: ملك غياث الدين كيخسرو (٩) بن قِلج أرسلان بن مسعود بن قِلج بن سليمان بن قتلمش بلادَ الروم، واستلبها من ابن أخيه، واستقرَّ هو بها وعظم شأنه وقويت شوكتُه، وكثرت عساكره وأطاعه الأمراء وأصحاب الأطراف، وخطبَ له الأفضل بن صلاح الدين بسميساط، وسار إِلى خدمته.
(١) من هنا وإِلى نهاية هذا المجلد وقع إِلينا تاريخ الإسلام للحافظ الذهي بخطه في حوادثه ووفياته، وقد أقمنا تحقيقه على هذه النسخة، فرأينا من المفيد الإفادة من هذا التاريخ الوسيع في تصحيح هذا المجلد من البداية والنهاية (بشار). (٢) في أ و ط: محمد. وما هنا للسياق النحوي. (٣) ما بين الحاصرتين في أ: الأسلحة إِلى الخليفة عوضًا عما فات: شيئًا كثيرًا وللّه الحمد. (٤) ط: آخرين. (٥) في ط: "الحسيني"، وهو غلط بيِّن فأمراء مكة هؤلاء حسنيون لا حسينيون، وقتادة هذا هو ابن إِدريس بن مطاعن، توفي سنة ٦١٧، كما في التكملة للمنذري (٣/ ١٧) وتاريخ الإسلام (١٣/ ٥١٣) وغيرهما (بشار). (٦) ط: فاستنصر الله عليه. (٧) أ: ثم أرسل قتادة. (٨) ط: إِلى المدينة سالمًا. (٩) قتل سنة ٦٠٧ هـ، وترجمته في ذيل الروضتين (٨٠) وسير أعلام النبلاء (٢٢/ ١٩).

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