Al-Bidayah wa an-NihayahIbn Kathir

Al-Ḥillī (1) se trouvait dans la demeure du vizir, et un acte fut dressé à son encontre attestant qu’il acceptait des pots-de-vin. Il fut alors destitué au cours de cette même séance et déclaré pervers (fâsiq), on ôta le voile de sa tête. La durée de sa fonction fut de deux ans et trois mois.

La même année, on rapporta le décès du roi Rukn ad-Dīn ibn Qilij Arslān, souverain des contrées des Rûm s’étendant de Malatya à Konya. Il faisait preuve de bravoure et de fermeté, mais on le disait adepte des doctrines philosophiques. De ce fait, il était un refuge et un abri pour ceux que l’on soupçonnait d’adhérer à ces idées. Il manifesta avant sa mort une grande hostilité, car il assiégea son propre frère – lequel régnait sur Ankuriyya (aussi appelée Ankara) – durant plusieurs années, jusqu’à épuiser ses vivres. Le frère dut alors livrer la ville de force en échange de la promesse de recevoir d’autres territoires. Mais lorsque Rukn ad-Dīn se rendit maître de lui et de ses enfants, il envoya des hommes les tuer par traîtrise et ruse. Ensuite, il ne s’écoula guère plus de cinq jours avant que Dieu ne l’atteigne de coliques (al-qawlanj) pendant sept jours, à l’issue desquels il mourut. « Le ciel et la terre ne pleurèrent point sur eux, et il ne leur fut point donné de répit » (Coran 44:29). Après lui, la royauté revint à son fils Qilij Arslān, qui n’était encore qu’un enfant. Il ne régna qu’une année, avant d’en être dépossédé à son tour au profit de son oncle Kaykhusraw.

La même année, un grand nombre de partisans de la doctrine bâtinite furent tués à Wâsiṭ – louange à Dieu.

Ibn al-Athîr (7) rapporte qu’au mois de Rajab (8), un groupe de soufis se réunit dans un ribât de Bagdad pour une séance d’audition spirituelle (samâ‘). Le chantre, al-Jamâl al-Ḥillī, leur récita ces vers (dans le mètre majzûʾ al-mutaqârib) :

« Ô toi qui me blâmes, cesse tes reproches :
Mon âge grisonnant est à lui seul suffisante réprimande.
Une jeunesse comme si elle n’avait jamais été,
Et une vieillesse comme si elle avait toujours duré.
Redis-moi les nuits de l’union,
Ses dernières autant que ses premières.
Et la pâleur du visage de l’amant
Lorsqu’il écoute les poèmes d’amour. »

(1) Dans l'édition : « Sulayman al-Jaylī », ce qui est une erreur. Ce que nous avons établi provient de l'Histoire d'Ibn al-Dubaythī (feuillet 143 du volume de Kimberg) et de l'Histoire de l'Islām d'al-Dhahabī (13/675). ʿAlī ibn ʿAbd Allāh ibn Sulaymān ibn Ḥusayn fut un qāḍī à al-Ḥilla al-Sayfiyya. Il se rendit à Bagdad et prit de l'importance jusqu'à être nommé juge des juges en l'année 598, puis il fut destitué la même année, comme l'auteur le mentionne. Il retourna ensuite dans sa ville natale al-Ḥilla où il mourut en 621 (Bachār). (2) N'existe pas dans l'édition. (3) Extrait uniquement de l'édition. (4) Dans l'édition : « faḍrabahu » (« il le frappa »). (5) Dans l'édition : « aflaḥ » (« il réussit »). (6) Dans l'édition : « kan Khusrau » (« c'était Khusraw »). (7) Le récit dans Ibn al-ʿAthīr (9/266-267) diffère dans la transmission et est plus détaillé. (8) Dans l'édition : « wa fī Rajab minhā » (« et dès le mois de Rajab »). (9) Manuscrit : « wa ḥattā ». Et Ibn al-ʿAthīr : « wa ḥaqq » (« et c'est juste »).
الحلي (١) بدار الوزير، وثبت عليه محضر بأنه يتناول الرُّشا، فعزل في ذلك المجلس وفُسِّق، ونزعت الطرحة عن رأسه، وكانت مدة ولايته سنتين وثلاثة أشهر. وفيها: كانت وفاة الملك ركن الدين بن قلج أرسلان [صاحب بلاد الروم ما بين ملطية وقونية وكانت فيه شهامة وصرامة غير أنه] (٢) كان ينسب إِلى اعتقاد الفلاسفة، ولهذا كان كهفًا لمن ينسب إِلى ذلك، وملجأ لهم، وظهر منه قبل موته تجهرم عظيم، وذلك أنه حاصر أخاه شقيقه -وكان صاحب أنكورية، وتسمى أيضًا أنقرة- مدة سنين حتى ضيق عليه الأقوات بها، فسلمها إِليه قسرًا، على أن يعطيه بعض البلاد. فلما تمكَّن منه ومن أولاده أرسل إِليهم من قتلهم غدرًا وخديعة ومكررًا فلم ينظر [بعد ذلك] (٣) إِلا خمسة أيام حتى ضربه (٤) اللّه تعالى بالقولنج سبعة أيام ومات ﴿فَمَا بَكَتْ عَلَيْهِمُ السَّمَاءُ وَالْأَرْضُ وَمَا كَانُوا مُنْظَرِينَ﴾ [الدخان: ٢٩] وأقام بالملك من بعده ولده قليج (٥) أرسلان وكان صغيرًا فبقي سنة واحدة، ثم نزع منه الملك أيضًا وصار إِلى عمه كيخسرو (٦) . وفيها: قُتل خلق كثير من الباطنية بواسط وللّه الحمد. قال ابن الأثير (٧) : وفي رجب (٨) اجتمع جماعة من الصوفية برباط ببغداد في سماع فأنشدهم الحادي وهو الجمال الحلي: [مجزوء المتقارب] أَعاذِلَتي أَقْصرِي … كَفَى بمَشِيبي عَذَلْ شَبابٌ كَأَنْ لَمْ يَكُنْ … وَشَيبٌ كَأَنْ لَمْ يَزَلْ وبَثِّى (٩) ليالي الوِصالِ … أواخِرها والأُوَلْ وصُفْرَةُ لَوْن المُحِبـ … ـبِ عِنْدَ اسْتِمَاعِ الغَزَلْ
(١) في ط: "سليمان الجيلي" وهو تحريف، وما أثبتناه من تاريخ ابن الدبيثي (الورقة ١٤٣ من مجلد كيمبرج)، وتاريخ الإسلام للذهبي (١٣/ ٦٧٥)، وكان علي بن عبد الله بن سلمان بن حُسين هذا قاضيًا بالحلة السيفية، وقدم بغداد وعظم شأنه حتى ولي قضاء القضاة في سنة ٥٩٨، ثم عزل في هذه السنة كما ذكر المؤلف، وعاد إِلى بلده الحلة. وتوفي بها سنة ٦٢١ (بشار). (٢) ليس في ط. (٣) عن ط وحدها. (٤) ط: فضربه. (٥) ط: أفلح. (٦) ط: كنخسرو. (٧) الخبر في ابن الأثير (٩/ ٢٦٦ - ٢٦٧) بخلاف في الرواية وبتفصيل أكثر. (٨) ط: وفي رجب منها. (٩) ب: وحتى. وابن الأثير: وحق.

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