Puis, en effet, les Francs – que Dieu les maudisse – se rendirent en terre de Syrie (Bilād al-Shām). Ils s’étaient renforcés en s’emparant de Constantinople, puis descendirent jusqu’à ‘Akkā (Acre). De là, ils lancèrent des expéditions contre de nombreuses contrées de l’islam du côté du Ghawr et des territoires environnants, où ils tuèrent et emmenèrent des captifs. Le roi al-‘Adil, qui se trouvait alors à Damas – louange à Dieu –, marcha contre eux. Il fit appel aux armées égyptiennes et orientales (2) et les affronta près d’Acre, où ils livrèrent un violent combat et firent preuve d’une grande persévérance (3). Par la suite, une trêve et un traité de paix furent conclus entre eux. Le sultan leur abandonna alors une partie de certaines provinces (4). Nous sommes à Dieu et c’est vers Lui que nous retournons.
(5) Au cours de cette même année, il y eut de nombreux conflits entre les Khwârazmiens et les Ghûrides en Orient, dont la chronique détaillée serait trop longue à rapporter.
Cette année-là également (6), le souverain de Mossoul entra en guerre contre Qutb al-Dîn Muḥammad ibn ‘Imād al-Dîn Zankî, seigneur de Sindjâr. Al-Ashraf ibn al-‘Adil (7) (8) – qui se trouvait aux côtés de Qutb al-Dîn (9) – lui apporta son aide. Puis la réconciliation s’opéra entre eux, et al-Ashraf épousa la sœur de Nûr al-Dîn, à savoir l’Atâbakiyya bint ‘Izz al-Dîn Mas‘ûd ibn Mawdûd ibn Zankî, fondatrice de la madrasa atâbakiyya située à al-Safḥ (10), où elle fut également inhumée. Que Dieu lui fasse miséricorde.
Cette même année encore, survint un violent séisme (11) qui toucha l’Égypte, la Syrie, la Jazîra, Chypre et d’autres régions, comme le rapporte Ibn al-Athîr dans son “Kāmil” (12).
Par ailleurs, au cours de cette année, un marchand du nom de Maḥmûd ibn Muḥammad al-Ḥimyarî s’empara de certaines régions du Ḥaḍramawt, notamment Ẓafâr, et son pouvoir se maintint jusqu’en l’an 619 (de l’hégire) et au-delà.
Enfin, au mois de Jumâdâ al-Ûlâ de cette même année, un conseil fut organisé pour le Qâḍî al-Qudât (grand juge) de Bagdad, Abû al-Ḥasan ‘Alî ibn ‘Abd Allâh ibn Salmân.