(1) Que nul ne puisse donc transmettre de ma part un message à al-Wajîh, même si les messages ne lui servent à rien ?
Tu as adopté la doctrine (madhhab) d’an-Nuʿmân après celle d’Ibn Ḥanbal, et ce fut lorsque les moyens de subsistance vinrent à te faire défaut. Tu n’as pas choisi l’avis d’aš-Šāfiʿī par pure religion (2), mais bien parce que tu convoitais ce qui se trouvait à portée de main. Il ne fait aucun doute qu’avant peu, tu te tourneras vers Mālik, alors vois donc ce que tu auras à dire !
(3) La noble dame préservée, Zamurrud (4) Khatûn, mère du calife an-Nâṣir li-Dîn Allâh, fils de (5) al-Mustaḍīʾ, était une femme pieuse, adoratrice, abondante en bienfaits et en philanthropie (6), en fondations charitables et en aumônes. Elle fit bâtir des constructions le long de la route menant au noble Ḥijâz et mit en état les chemins. Elle édifia pour elle-même un tombeau à côté de celui de Maʿrûf al-Karkhî. Ses funérailles furent très suivies (7), et le deuil en son honneur dura un mois entier. Elle vécut durant le califat de son fils pendant vingt-quatre ans, jouissant d’une influence incontestée et d’ordres obéis (8).
[Naissance d’Abî Shâma]
[En cette même année] (9) eut lieu la naissance du shaykh Šihâb ad-Dîn Abî Shâma. Il s’est lui-même présenté lorsqu’il mentionna sa naissance pour cette année dans le « Ḏayl » (10), au travers d’une longue notice biographique qui sera rapportée à l’année de son décès – qu’Allah lui fasse miséricorde. Il y évoque ses débuts, ses études, ses ouvrages, une grande partie de sa poésie et certains rêves annonciateurs qui lui furent montrés.
Cette année-là marqua aussi le début du règne de Gengis Khan, roi des Tatars (11) [qu’Allah lui inflige ce qu’il mérite] (12). C’est lui qui promulgua le « Yâsiq » (13) afin que les Tatars et ceux issus des princes turcs recherchant le jugement de l’époque préislamique s’y réfèrent (14). Il est le père de Tûlî et le grand-père de Hûlâgû, fils de Tûlî, lequel tua le calife al-Mustaʿṣim et les habitants de Bagdad en telle et telle année.