Il enseigna la religion en l’année soixante-quatre et la transmit (1). Par la suite, il jouit d’une grande faveur auprès du roi An-Nasir Ṣalāḥ ad-Dīn (Saladin). C’est lui qui dénonça ʿImāra al-Yamanī et ses compagnons, lesquels furent alors crucifiés. Il bénéficia également d’une position remarquable en Égypte. Il s’exprima un vendredi, le jour où il prononça le sermon dans la noble Jérusalem, après la fin de la prière du vendredi, à un moment mémorable.
Il menait une vie somptueuse (2), semblable à celle des rois, tant pour la nourriture que pour les vêtements (3). Il possédait plus de vingt (4) concubines parmi les plus belles femmes, chacune valant mille dinars, et il circulait entre elles pour avoir commerce avec elles. Après tout cela, il mourut dans la pauvreté, ne laissant même pas de quoi se couvrir d’un linceul. Il récita, alors qu’il se tenait sur sa chaire, des vers adressés au vizir Ṭalāʾiʿ (5) ibn Ruzzayk (6) : (vers issus de la métrique al-wāfir)
« Ton vieillissement a mis fin (7) à la parure de la jeunesse… et le faucon s’est installé dans le nid du corbeau.
Tu t’endors tandis que l’œil du destin veille… et les revers du sort ne se sont pas abstenus de frapper.
Comment (8) la durée de ta vie subsisterait-elle quand elle est un trésor… que tu as dépensé sans compter ? »
[Al-Muʾayyad at-Takrītī] (9) : Il s’agit du shaykh Abū al-Barakāt Muḥammad ibn Aḥmad ibn Saʿīd at-Takrītī, dit al-Muʾayyad (10). C’était un homme de lettres et un poète. Parmi ses compositions, on rapporte des vers adressés à al-Wajīh an-Naḥwī (11) lorsque celui-ci, d’abord hanbalite, devint hanafite, puis shaféite. [Il en composa] (12) lors de la séance de grammaire à la madrasa an-Niẓāmiyyah et prononça (13) : (vers issus de la métrique at-ṭawīl).