Cette année-là, le calife an-Nāṣir envoya des robes d’honneur et des pantalons de futuwwa au roi al-ʿĀdil (1) et à ses fils (2).
La même année, al-ʿĀdil dépêcha son fils al-Ashraf Mūsā (3) pour assiéger Mardin, avec l’appui des armées de Sinjār et de Mossoul. Puis la paix fut conclue sous l’égide d’az-Ẓāhir, aux conditions que le seigneur de Mardin verse chaque année cent cinquante mille (150 000) dinars, que la monnaie et la khuṭba (prône du vendredi) se fassent au nom d’al-ʿĀdil, et qu’il réponde présent avec son armée à chaque appel.
Cette même année vit l’achèvement de la construction du ribāṭ al-Marzabāniyya (4), confié au shaykh Shihāb ad-Dīn ʿUmar ibn Muḥammad as-Suhrawardī (5). Il s’y installa avec un groupe de soufis, auxquels furent alloués des revenus et des rations convenables à leur rang.
La même année, le roi al-ʿĀdil fit arrêter Muḥammad, fils du roi al-ʿAzīz, ainsi que ses frères, et les envoya à ar-Ruhā (Édesse), craignant qu’ils ne demeurent en Égypte (6).
Au cours de cette année également, les Géorgiens s’emparèrent de la ville de Duwayn (7), tuèrent ses habitants et la pillèrent. Cette cité appartient au territoire d’Azerbaïdjan, et ce drame advint parce que son souverain se complaisait dans la débauche (9) et dans la consommation de vin – qu’Allah le couvre d’ignominie. Ainsi, les mécréants purent exercer leur domination sur les musulmans par sa faute, et tout cela sera un carcan noué à son cou le Jour du Jugement.
[Ghiyāth ad-Dīn al-Ghūrī] (10) :
Cette année-là, le roi Ghiyāth ad-Dīn al-Ghūrī, frère de Shihāb ad-Dīn, s’éteignit. Son fils Maḥmūd (11) lui succéda et adopta le titre de son père. Ghiyāth ad-Dīn était un homme avisé, résolu et courageux ; jamais son étendard ne fut rompu malgré la multiplicité de ses campagnes. Il était