Le cheikh Abou Shâma (1) déclara : « S’il avait réellement été omeyyade et ‘uthmânien, comme ils le prétendent, Ibn ‘Asâkir l’aurait mentionné, puisque cela eût constitué un honneur pour son grand-père et pour ses deux oncles, Muhammed et Sultan. Et si cette information avait été exacte, elle ne lui serait pas demeurée cachée (2). »
Ibn al-Zakî étudia auprès du qâdî Sharaf al-Dîn Abû Sa‘d ‘Abd Allâh ibn Muhammed ibn Abî ‘Asrûn (3) et assuma sa charge de juge par intérim. Il fut le premier à délaisser cette fonction de suppléance et le premier à [prononcer le prône à Jérusalem lorsque le roi Salâh al-Dîn la conquit, comme cela a déjà été expliqué en l’an quatre-vingt-trois. Il fut ensuite nommé au poste de juge (4) à Damas], auquel on ajouta (5) la magistrature de Halab (Alep). Il fut également l’administrateur des biens de mainmorte (awqâf) de la grande mosquée, mais il en fut destitué quelques mois avant sa mort. Shams al-Dîn ibn al-Laythî reçut cette charge à ferme. Le qâdî Muhyî al-Dîn ibn al-Zakî interdisait aux étudiants de s’intéresser à la logique et à la théologie spéculative (kalâm), et il déchirait les ouvrages de quiconque en possédait, à la madrasa al-Taqwiyya (6). Il mémorisait le crédo appelé « Al-Misbâh » d’al-Ghazâlî et le faisait également apprendre à ses enfants. Il dispensait un cours d’exégèse (tafsîr) à al-Kalâssa, en face du mausolée de Salâh al-Dîn. Un conflit l’opposa ensuite aux Isma‘îliens, qui cherchèrent à l’assassiner. Il aménagea donc une porte reliant sa demeure à la mosquée, pour s’y rendre afin d’accomplir la prière. Par la suite, il commença à souffrir de troubles mentaux, subissant quelque chose qui ressemblait à des crises d’épilepsie, jusqu’à son décès au mois de Sha‘bân de cette même année. Il fut inhumé dans son mausolée au pied du mont Qâsiyûn. [On dit que le hâfid ‘Abd al-Ghanî invoqua contre lui, si bien que ce mal incurable l’atteignit et qu’il s’éteignit. Dans cette même année, le khatîb ad-Dawla‘î mourut aussi ; tous deux s’étaient dressés contre le hâfid ‘Abd al-Ghanî, et ils disparurent durant cette même année, constituant ainsi un exemple pour les autres (8).]
Al-Khatîb ad-Dawla‘î (9) : Il s’agit de Diyâ’ ad-Dîn Abû al-Qâsim ‘Abd al-Malik ibn Zayd ibn Yâsîn at-Taghlibî (10) ad-Dawla‘î, ainsi nommé en référence à un village proche de Mossoul appelé ad-Dawla‘iyya (11). Il y naquit en l’an 518 de l’Hégire, étudia la jurisprudence (fiqh) à Bagdad selon l’école shâfi‘ite et y apprit également le hadith.