Il a certes échoué, celui qui a comparé le fragment de cornaline à une perle, et qui a assimilé une prostituée à une belle femme libre (1).
« Je suis chanteur et mon frère est ascète, pour un temps… Dans la maison, il y a deux puits : l’un a une eau douce, l’autre une eau amère. »
Un jour, en sa présence, il fut question du meurtre de ʿUthmân alors qu’Ali se trouvait à Médine (2). Il se mit à dire : « Il en fut ainsi et ainsi : et si l’on tue dans son voisinage quelqu’un comme Ibn ʿAffân, puis que l’on s’en excuse, il faut alors en Syrie accepter l’excuse de Yazîd. »
Les Râfidites voulurent donc le tuer. Or, il advint qu’une nuit, alors qu’il prenait le repas de « suhûr » pendant le Ramadan, il passa devant la demeure du calife. Le calife éternua depuis la tribune (3), et Abû Manṣûr, qui était sur la route, le salua (en répondant à l’éternuement). Le calife lui envoya alors cent dinars et ordonna qu’il fût protégé des Râfidites jusqu’à ce qu’il meure cette année-là. Qu’Allah lui pardonne (4).
[Abû Ṭâhir al-Khushûʿî] (5) :
Cette année-là, le « musnad » (grand transmetteur) de la Syrie, Abû Ṭâhir Barakât ibn Ibrâhîm ibn Ṭâhir al-Khushûʿî, s’éteignit. Il partagea avec Ibn ʿAsâkir un grand nombre de ses maîtres (6). Sa vie se prolongea de vingt-sept années après la mort de celui-ci, si bien qu’il relia les petits-enfants à leurs aïeux.
[Ensuite arriva l’année 598]
Cette année-là, le shaykh Abû ʿUmar Muḥammad ibn [Aḥmad ibn] (7) Qudâma (8) al-Maqdisî [celui qui bâtit l’école au flanc du Qâsiyûn] (9) entreprit la construction de la mosquée « al-jâmiʿ » (10) sur la montagne (11). Les dépenses (12) en furent assurées par un homme nommé shaykh Abû Dâwûd Maḥâsin.