Il édita, perfectionna et surpassa ses pairs, puis il exerça la fonction de muḥtasib (inspecteur des marchés) à Bagdad. Il devint ensuite (1) l’envoyé des califes auprès des rois des contrées éloignées, en particulier auprès des Ayyoubides au Levant. Il obtint d’eux honneurs et richesses, grâce auxquels il fonda (2) la madrasa al-Jawziyya dans le quartier an-Nashshabīn à Damas, et il y consacra des biens en waqf. Par la suite, il reçut d’autres sommes considérables de la part de divers souverains. Puis il accéda au poste d’ustādār (intendant) du calife al-Mustaʿṣim en l’an 640 de l’Hégire, et il continua d’occuper cette fonction jusqu’à ce qu’il fût tué avec le calife lors de l’attaque de (3) Hülegü Khan, fils de Tuluy, fils de Gengis Khan.
(4) Abū l-Faraj eut plusieurs filles, dont Rābiʿa, la mère de son petit-fils Abū l-Muẓaffar ibn Quza’ughli, l’auteur de « Mirʾāt az-Zamān », l’une des chroniques les plus complètes et les plus utiles. Ibn Khallikān le mentionna dans son « Wafayāt » (5) en en faisant l’éloge et en saluant ses ouvrages et son savoir.
• Al-ʿImād al-Kātib al-Aṣbahānī (6) :
Il s’agit de Muḥammad ibn Muḥammad ibn Ḥāmid ibn Muḥammad ibn ʿAbd Allāh ibn ʿAlī ibn Maḥmūd ibn Hibat Allāh ibn Ullah (avec redoublement et voyelle brève sur le lām), plus connu sous le nom d’al-ʿImād al-Kātib al-Aṣbahānī. Auteur de nombreuses compilations, d’épîtres et de poèmes (7), il fut contemporain du qāḍī al-Fāḍil. Quiconque s’est illustré et rendu célèbre à l’époque d’al-Fāḍil ne peut être qu’un érudit (8).
Né à Ispahan en 519 de l’Hégire, il arriva à Bagdad et étudia auprès du shaykh Abū Manṣūr Saʿīd ibn ar-Razzāz (9), le professeur de la madrasa an-Niẓāmiyya. Il y apprit également le ḥadīth, puis se rendit au Levant, où il gagna la faveur de l’émir Nūr ad-Dīn Maḥmūd ibn Zankī, qui l’employa comme scribe officiel. L’émir lui confia aussi la direction de l’école qu’il avait établie à l’intérieur de Bāb al-Faraj, laquelle fut appelée al-ʿImādiyya (10), en référence à al-ʿImād.