Ô Commandeur des croyants ! Joseph (Youssouf) ne mangeait jamais à sa faim durant la période de disette afin de ne pas oublier ceux qui souffraient de la faim (1). Quant à ʿUmar, durant l’« Année de la Cendre » (ʿĀm ar-Ramāda), il frappait son ventre et disait : « Grogne ou ne gronde pas, par Dieu, je ne goûterai ni beurre ni plat gras tant que les gens ne seront pas de nouveau dans l’abondance » (2).
On raconte alors qu’al-Mustadīʾ se mit à pleurer et fit l’aumône d’une grande somme d’argent (3). Il libéra des prisonniers et vêtit un grand nombre de pauvres.
Ibn al-Jawzī naquit aux environs de l’an 510 (de l’Hégire), comme cela a déjà été mentionné. Il s’éteignit la nuit du vendredi, entre les deux prières du soir, le douzième du mois de Ramadan (de cette même année) (4), à l’âge de quatre-vingt-sept ans (5). Sa dépouille fut portée sur les épaules de la foule, toujours plus nombreuse. Il fut inhumé à Bāb Ḥarb, auprès de son père, tout près de la tombe de l’imam Aḥmad. Ce fut un jour mémorable, au point que certains rapportent (6) qu’un groupe de gens rompit son jeûne à cause de la chaleur écrasante et de l’ampleur de la foule—qu’Allah lui fasse miséricorde. Selon sa recommandation, on grava sur sa tombe (7) ces vers (8), issus d’un mètre de la forme al-kāmil réduit :
« Ô Toi, dont le pardon est immense envers celui qui a multiplié les péchés (9),
Le pécheur vient à Toi, espérant l’absolution de ses fautes.
Je suis Ton hôte, et c’est bienveillance qu’on doit à l’hôte. »
Le shaykh Jamāl ad-Dīn ibn al-Jawzī (10) eut trois fils :
• ʿAbd al-ʿAzīz, l’aîné, décédé jeune en l’an 554 (de l’Hégire), du vivant de son père.
• Abū al-Qāsim ʿAlī, qui se montra ingrat envers son père, lui portant préjudice aussi bien durant son épreuve qu’en d’autres circonstances. Il prit possession des livres de celui-ci en son absence à Wāsiṭ et les vendit (11) à vil prix (12).
• Enfin, Muḥyī ad-Dīn Yūsuf, le plus doué et le plus jeune, né en l’an 580. Après la disparition de son père, il se mit à prêcher et s’adonna à l’étude.