Aḥmad ibn Muḥammad ibn Jaʿfar al-Jawzī – ainsi nommé en référence au port du fleuve de Baṣra – fils de ʿAbd Allāh ibn al-Qāsim ibn al-Naḍr ibn al-Qāsim ibn Muḥammad ibn ʿAbd Allāh ibn ʿAbd al-Raḥmān ibn al-Qāsim ibn Muḥammad ibn Abī Bakr al-Ṣiddīq, le shaykh, le grand mémorisateur et prédicateur, Jamāl al-Dīn Abū al-Faraj, connu sous le nom d’Ibn al-Jawzī, issu de la tribu des Quraysh (clan Taym), originaire de Bagdad et adepte de l’école ḥanbalite.
Il était l’un des savants remarquables, s’étant distingué dans de nombreuses disciplines (1), qu’il maîtrisa d’une manière singulière, et compila de grands et de petits ouvrages, avoisinant trois cents œuvres. Il rédigea de sa propre main près de deux mille (2) volumes.
Il excella en particulier dans l’art du prêche, auquel nul avant lui n’avait accédé (3), si bien que personne ne lui fut comparable dans ce domaine, ni dans sa méthode, ni dans sa forme, pas plus que dans sa finesse d’expression et sa rhétorique ou la douceur (4) de son discours et la beauté de son style. Ses sermons pénétraient l’âme, car il explorait en profondeur les idées les plus originales et savait rapprocher les notions les plus singulières à partir d’exemples perceptibles (5), par des formules concises, aisément compréhensibles, capables de rassembler de nombreuses significations en quelques mots.
Il possédait en outre une vaste compétence dans toutes les sciences, et participa à de nombreux champs du savoir (6) : commentaire coranique, ḥadīth, histoire, calcul, étude des astres, médecine, jurisprudence et grammaire. Il laissa dans ces domaines des écrits si nombreux que ce lieu (7) ne saurait en épuiser le compte ni répertorier tous leurs titres. [Mais parmi ses œuvres les plus célèbres] (8) figure son livre d’exégèse renommé « Zād al-Masīr » (9). Il en existe une version plus développée, laquelle n’est toutefois ni très célèbre ni rejetée.
Il est également l’auteur du « Jāmiʿ al-Masānīd », où il réunit l’essentiel du Musnad de l’imām Aḥmad ainsi que les deux Ṣaḥīḥ d’al-Bukhārī et de Muslim, et le Jāmiʿ d’al-Tirmidhī. Il composa en outre « al-Muntaẓam fī tawārīkh al-umam min al-ʿarab wa-l-ʿajam » en vingt volumes, dont nous avons cité de nombreux événements et notices biographiques dans le présent ouvrage. Il ne cessa de relater les informations concernant le monde, au point d’être devenu lui-même un véritable historien, et l’on ne saurait mieux dire à son propos que la parole du poète :
[vers appartenant au mètre al-basīṭ].