Il a composé, au sujet de l’essuie-plume :
[Fragment de rajaz]
« Un essuie-plume dont le jour est… [son séjour],
(1) loin de la nuit obscure.
On dirait, à son extrémité,
un mouchoir au bout du calame. »
Il a également dit :
« Nous avons passé la nuit dans un état qui réjouit l’amour,
mais qu’il est impossible d’expliquer.
Notre portier fut la nuit, et nous lui dîmes :
‘Si tu nous quittes, l’aube nous surprendra.’ »
Le roi al-‘Azîz ‘Uthmân ibn an-Nâṣir l’interrogea au sujet d’une de ses favorites qui lui avait envoyé (2) un bouton d’or recouvert d’ambre noir. Le grand lettré (3) composa alors ces vers :
« Elle t’a offert de l’ambre, en son centre
un bouton d’or à la soudure cachée (4).
Le bouton (5) dans l’ambre a pour sens :
“Viens me voir ainsi, dissimulé dans l’obscurité.” (6) »
Le cadi (7) Ibn Khallikân (8) a dit : « On a divergé sur son surnom : certains ont affirmé qu’il s’agissait de Muḥyiddîn, d’autres de Mujîruddîn. Il est rapporté qu’Imâra al-Yamanî [l’a évoqué] (9) de belle manière, et que c’est al-‘Âdil, voire aṣ-Ṣâliḥ, qui le fit venir d’Alexandrie et l’employa. Il fut compté parmi ses bienfaits et pesait sur ses épaules. Le cadi Ibn Khallikân a détaillé sa biographie à peu près comme nous l’avons relaté, en y ajoutant largement. Dieu est plus savant. »
[Puis arriva l’an cinq cent quatre-vingt-dix-sept (597)]. Cette année-là, la cherté s’intensifia fortement en terre d’Égypte, si bien que de nombreuses personnes périrent, qu’elles fussent pauvres ou riches, puis il s’ensuivit une grande hécatombe.