Al-Bidayah wa an-NihayahIbn Kathir

Au mois de Ṣafar, le roi al-Kāmil Muḥammad ibn al-ʿĀdil arriva auprès de son père, accompagné d’une multitude de Turkmènes et de troupes venues des provinces de la Jazīra, d’al-Ruhā et de Ḥarrān. Face à cela, les armées égyptiennes se retirèrent et se dispersèrent telle la dispersion des mains de Sabaʾ. Al-Ẓāhir regagna alors le royaume d’Alep, al-Asad retourna à Ḥimṣ, et al-Afḍal rentra en Égypte.

Ainsi, al-ʿĀdil échappa au complot de ses ennemis, après avoir pourtant envisagé de livrer la cité (il s’était déjà résigné, mais Dieu l’a préservé). Les émirs an-Nāṣiriyya se lancèrent alors à la poursuite d’al-Afḍal pour l’empêcher d’entrer au Caire. Ils écrivirent à al-ʿĀdil pour qu’il se hâte de marcher vers eux et vienne à leur rencontre. Obéissant à leur conseil, il se mit rapidement en route. De son côté, al-Afḍal s’était fortifié dans la citadelle de la Montagne, accablé de faiblesse et d’échecs, tandis qu’al-ʿĀdil s’installa près du bassin (al-birka), assurant son autorité sur l’Égypte, en toute sécurité, à l’abri de toute convoitise. Al-Afḍal, son neveu, descendit alors vers lui, humble et soumis, après avoir pourtant été craint et majestueux.

Al-ʿĀdil lui attribua des territoires dans la Jazīra et l’exila du Šām à cause de sa mauvaise conduite. Il entra ensuite dans la demeure royale au Caire. Il rétablit la charge de la magistrature (qāḍī) en la personne de Ṣadr ad-Dīn ʿAbd al-Malik ibn Darbās al-Mārānī al-Kurdī, tout en maintenant le khuṭba (prône) et la sikka (monnayage) au nom de son neveu al-Manṣūr – bien que ce fût en réalité lui-même qui exerçait le pouvoir effectif. Il nomma pour vizir aṣ-Ṣāḥib Ṣafī ad-Dīn ibn Šukr, reconnu pour sa fermeté, son courage, sa noblesse et sa piété.

Le sultan, le roi (al-ʿĀdil), envoya ensuite un courrier à son fils, le roi al-Kāmil, l’appelant depuis la Jazīra afin de lui confier la souveraineté sur l’Égypte et de le placer à la tête du pays. Al-Kāmil arriva, et al-ʿĀdil sortit à sa rencontre pour l’honorer et le traiter avec respect. Il l’enlaça et l’étreignit. Puis, le roi al-ʿĀdil convoqua les fuqahāʾ (jurisconsultes) et les consulta quant à la validité du règne de son neveu al-Manṣūr ibn al-ʿAzīz, qui n’était alors qu’un enfant de dix ans. Ils émirent leur avis (fatwā) selon lequel

(1) Dans l'édition : vers Alep, et dans celle d'Al-Asad : vers Homs, et la meilleure lecture est vers l'Égypte. (2) Dans l'édition : « et [il] marcha ». (3) N'existe pas dans la copie B. (4) N'existe pas dans l'édition. (5) Dans l'édition : « Le meilleur [texte] est qu'il entra en Égypte et se retrancha dans la citadelle de la montagne. » (6) Dans l'édition : « et le roi d'Égypte prit. » (7) N'existe pas dans l'édition. (8) Dans les copies A et B : « ‘an » (عن, « au sujet de »). (9) Leur emplacement dans l'édition : « la citadelle ». (10) Dans l'édition : « al-Mārdānī ». Il s'agit d'une erreur de transcription ; al-Marānī désigne une attribution aux Banu Mārān dans la plaine près de Mossoul. Cf. « Wafayāt al-Aʿyān » (3/243). (11) Sa biographie apparaîtra dans les événements de l'année 605 dans ce livre. On la trouve également en note dans « Ad-Dhaw’atayn » (67) et « Al-ʿIbar » (5/13). (12) Leur emplacement dans l'édition : « wa-l-ʿādil » (et « le juste »). (13) Il s'agit d'ʿAbd Allāh b. ʿAlī b. ʿAbd al-Khāliq b. Shukr. Sa biographie sera donnée dans les événements de l'année 622 de ce livre. On la trouve également en note dans « Ad-Dhaw’atayn » (147) et « Al-ʿIbar » (5/90). (14) Dans l'édition : « son fils ». (15) Dans l'édition : « l'Égypte ».
شهر صفر، قدم الملك الكامل محمد بن العادل على أبيه بخلق من التركمان، وعساكر من بلاد الجزيرة والرُّها وحرّان، فعند ذلك انصرف العساكر المصرية وتفرقوا أيادي سبأ، فرجع الظاهر [إِلى المملكة الحلبية، والأسد إِلى حمصه، والأفضل إِلى الديار المصرية] (١) ، وسلم العادل من كيد الأعادي، بعد ما كان قد عزم على تسليم البلد [واستسلم ولكن الله سلَّم، وطردت] (٢) الأمراء الناصرية خلف الأفضل ليمنعوه من الدخول إِلى القاهرة، وكاتبوا العادل أن يسرع السير إِليهم (٣) ، [والقدوم عليهم] (٤) ، فنهض إِليهم سريعًا سامعًا لمشورتهم مطيعًا، فتحصن الأفضل بالقلعة من الجبل] (٥) ، وقد اعتراه الضعف والفشل، ونزل العادل على البركة، [واستبد بملك مصر آمنًا من الشركة] (٦) ، ونزل إِليه ابن أخيه الأفضل خاضعًا ذليلًا [بعد ما كان مهيبًا جليلًا] (٧) ، فأقطعه بلادًا من الجزيرة، ونفاه من (٨) الشام لسوء السيرة، ودخل العادل [إِلى دار السلطان بالقاهرة] (٩) ، وأعاد القضاء إِلى صدر الدين عبد الملك بن درباس الماراني (١٠) الكردي (١١) ، وأبقى الخطبة والسكة باسم ابن أخيه المنصور [ولكن هو] (١٢) المستقلُّ بالأمور، واستوزر الصاحب صفي الدين بن شكر (١٣) لصرامته وشهامته، وسيادته وديانته، وكتب السلطان الملك إِلى [ابنه الملك] (١٤) الكامل يستدعيه، من بلاد الجزيرة ليملّكه على الديار المصرية (١٥) ويسترعيه، فقدم عليه، فبرز له وأكرمه واحترمه، وعانقه والتزمه، وأحضر الملك العادل الفقهاء، واستفتاهم في صحة مملكة ابن أخيه المنصور بن العزيز، وأنه صغير ابن عشر سنين، فأفتوا بأن
(١) ط: إِلى حلب والأسد إِلى حمص والأفضل إِلى مصر. (٢) ط: وسارت. (٣) ليس في ب. (٤) ليس في ط. (٥) ط: فدخل الأفضل مصر وتحصن بقلعة الجبل. (٦) ط: وأخذ ملك مصر. (٧) ليس في ط. (٨) أ، ب: عن. (٩) مكانهما في ط: القلعة. (١٠) ط: المارداني. وهو تصحيف والماراني نسبة إِلى بني ماران بالمروج تحت الموصل. وفيات الأعيان (٣/ ٢٤٣). (١١) سترد ترجمته في حوادث سنة ٦٠٥ من هذا الكتاب. وترجمته أيضًا في ذيل الروضتين (٦٧) والعبر (٥/ ١٣). (١٢) مكانهما في ط: والعادل. (١٣) هو عبد الله بن علي بن عبد الخالق بن شكر. سترد ترجمته في حوادث سنة ٦٢٢ من هذا الكتاب. وترجمته في ذيل الروضتين (١٤٧) والعبر (٥/ ٩٠). (١٤) ط: ولده. (١٥) ط: مصر.

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