Al-Bidayah wa an-NihayahIbn Kathir

Pour cette raison, le cœur d’al-Rāzī s’est imprégné d’une aversion à l’égard des Karrāmiyya. En effet, il ne cesse de parler d’eux dans ses propos, en tout lieu et à tout moment, chaque fois que se lève la brise.

Et cette année-là, [la faveur fut accordée au shaykh Jamāl al-Dīn], Abū al-Faraj ibn al-Jawzī, maître des prédicateurs [de son époque et au-delà]. Il avait été envoyé de Bagdad à Wāsiṭ, où il demeura cinq ans. Les habitants de cette ville en tirèrent profit [et étudièrent auprès de lui], en bénéficiant grandement de son enseignement. Lorsqu’il revint à Bagdad, le calife lui fit l’honneur d’une robe d’apparat et l’autorisa, comme à son habitude, à s’asseoir près de la tombe noble attenante à celle de Maʿrūf. Le rassemblement s’y fit alors très nombreux [et le calife y assista]. Il se mit à exprimer des reproches et, ce jour-là, il déclama pour le calife :

[du mètre as-sarīʿ]
« Ne laisse pas le jardin que tu as édifié
se dessécher alors que l’averse de tes bienfaits déjà l’a irrigué.
Ne brise pas l’arc que toi-même as armé ;
il ne sied pas à l’architecte de la gloire d’anéantir son œuvre.
Si j’ai commis un tort relevant de son inviolabilité,
accorde dorénavant ton pardon et remets ce qui est passé.
J’espérais jadis de toi la réalisation de mes vœux ;
aujourd’hui, je ne cherche rien d’autre que ton agrément. »

Il déclama aussi ce jour-là [du mètre al-wāfir] :
« Longtemps, nous avons souffert de la séparation ; mais lorsque nous nous sommes rejoints,
on eût dit que nous n’avions jamais connu la souffrance.
Nous nous sommes indignés, lorsque les jours nous ont infligé leur lot de maux ;
ils persistèrent pourtant, jusqu’à ce que nous nous résignions.
Quant à celui qui ne connaît pas de renaissance après la mort ne fût-ce qu’un jour,
voici que, pour nous, après être morts, nous sommes revenus à la vie. »

Cette même année, le calife an-Nāṣir convoqua le juge de Mossoul, Ḍiyā’ al-Dīn al-Shahrazūrī, et le désigna comme juge suprême (qāḍī al-quḍāt) de Bagdad.

(1) Dans l'édition : « وصار ». (2) Dans l'édition : « وفيها رضي الخليفة عن أبي الفرج ». (3) Non présent dans l'édition. (4) Sur l'édition uniquement. (5) Dans l'édition : « الوعظ ». (6) Non présent dans l'exemplaire « ب ». (7) Ainsi dans l'édition : « بنيته » ; dans l'original : « نبتُه (ع) ». (8) Dans l'édition : « قد جنيته ». (9) Dans l'édition : « لي الرضا، والبيت للشريف الرضي، وهو تضمين. » Fins des deux Roudatayn (15). (10) Les vers sont au nombre de quatre à la fin des deux Roudatayn (15), avec l'ajout du vers suivant après le second : سعدنا بالوصال وكم شقينا … كاسات الصدود وكم ضنينا
فلهذا أُشرب قلب الرازي بغض الكرَّامية. فهو (١) يلهج في كلامه بهم في كل موطن ومكان، وكلما هبت الصبا. وفي هذه السنة [وقع الرضا عن الشيخ جمال الدين] (٢) أبي الفرج بن الجوزي شيخ الوعاظ [في زمانه وبعده] (٣) ، وقد كان أُخرج من بغداد إِلى واسط، فأقام بها خمس سنين، فانتفع به أهلها [واشتغلوا عليه] (٤) واستفادوا منه، فلما عاد إِلى بغداد خلع عليه الخليفة، وأذن له في الجلوس (٥) على عادته عند التربة الشريفة المجاورة لقبر معروف، فكثر الجمع جدًا [وحضر الخليفة] (٦) وأخذ في العتاب، وأنشد يومئذ فيما قال يخاطب به الخليفة: [من السريع] لا تُعْطِشِ الرَّوْضَ الَّذي بنيتَهُ (٧) … بِصَوْبِ إِنْعامِكَ قَدْ رُوِّضا لا تَبْرِ عُودًا أَنْتَ قَد رِشْتَهُ … حاشَى لباني المَجْدِ أنْ يَنْقُضا إِنْ كانَ لي ذَنْبٌ بحُرْمَتِهِ (٨) … فَاسْتَأْنِفِ العَفْوَ وهب ما مَضَى (٩) قَدْ كُنْتُ أَرْجُوكَ لِنَيْلِ المُنَى … فاليَوْمَ لا أَطْلُبُ إِلَّا الرِّضَى ومما أنشده يومئذ (١٠) : [من الوافر] شَقينا بالنَّوَى زَمَنًا فَلَمَّا … تَلَاقَيْنَا كَأَنَّا ما شَقِينا سَخِطْنَا عِنْدَمَا جَنَتِ اللَّيالي … وَمَا زَالَتْ بنا حَتَّى رَضِينا وَمَنْ لَمْ يَحْيَ بَعْدَ المَوْتِ يَوْمًا … فَإِنَّا بَعْدَمَا مِتْنَا حَيِينا وفي هذه السنة استدعى الخليفة الناصر قاضي الموصل ضياء الدين الشهرزوري فولَّاه قضاء قضاة بغداد.
(١) ط: وصار. (٢) ط: وفيها رضي الخليفة عن أبي الفرج. (٣) ليس في ط. (٤) عن ط وحدها. (٥) ط: الوعظ. (٦) ليس في ب. (٧) كذا في ط: بنيته وفي الأصل: نبتُه (ع). (٨) ط: قد جنيته. (٩) ط: لي الرضا، والبيت للشريف الرضي، وهو تضمين. ذيل الروضتين (١٥). (١٠) الأبيات أربعة في ذيل الروضتين (١٥) بزيادة البيت التالي بعد الثاني: سعدنا بالوصال وكم شقينا … كاسات الصدود وكم ضنينا

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