Celles qui avaient déjà désobéi à son père (1). Puis, par la suite, les passions s’emparèrent d’eux, et cette dynastie s’éteignit après le roi Ya‘qūb [– qu'Allah lui fasse miséricorde –] (2).
[Et cette année-là] (3), un homme d’origine étrangère à Damas prétendit être ‘Īsā ibn Maryam (Jésus, fils de Marie). L’émir Ṣārim ad-Dīn Bazghash, gouverneur de la citadelle, ordonna alors de le crucifier près du hammam d’al-‘Imād al-Kātib, situé en dehors de Bāb al-Faraj, en face du moulin se trouvant entre les deux portes, lequel hammam est ruiné depuis longtemps. Deux jours après sa crucifixion (4), la population se souleva contre les Râfidites et se rendit (5) à la tombe d’un homme parmi eux, à Bāb aṣ-Ṣaghīr, appelé Wathāb. Ils exhumèrent son corps et le crucifièrent avec deux chiens. Cela se produisit au mois de Rabī‘ al-Ākhir [de cette même année] (6).
Durant cette année, un grand trouble éclata au Khorassan. La cause en fut la venue de Fakhr ad-Dīn Muḥammad ibn ‘Umar ar-Rāzī, maître des théologiens de son époque, auprès du roi Ghiyāth ad-Dīn al-Ghūrī, souverain de Ghaznah. Celui-ci l’honora, le respecta et construisit pour lui une école à Hérat. Or, la plupart des Ghūrīya étaient Karrāmiyya : ils prirent donc en aversion Fakhr ad-Dīn ar-Rāzī et voulurent l’éloigner du roi. Ils rassemblèrent contre lui un groupe de juristes ḥanafites et karrāmiyya, ainsi qu’un grand nombre de shāfi‘ites. Ibn al-Qudwa était présent ; c’était un shaykh très respecté parmi les gens, adepte des doctrines d’Ibn Karrām et d’Ibn al-Hayṣam. Il débattit avec Fakhr ad-Dīn ; leur controverse se termina en injures et en affronts.
Le lendemain, la population se réunit dans la grande mosquée. Un prédicateur se leva et déclara dans son sermon : « Ô gens ! Nous ne professons que ce qui nous est parvenu comme étant authentique du Messager de Dieu (ﷺ). Quant au savoir d’Aristote, à la mécréance d’Ibn Sīnā et à la philosophie d’al-Fārābī, nous ne les connaissons pas et nous ne les revendiquons pas ; nous ne nous référons qu’au Livre de Dieu et à la Sunna de Son Messager. Pourquoi donc, hier, insulter un shaykh parmi les shuyūkh de l’Islam qui défend la religion de Dieu et la Sunna de Son Prophète, au profit d’un théologien qui ne dispose d’aucune preuve pour ce qu’il avance ? » Il dit alors : les gens se mirent à pleurer et à s’indigner, les Karrāmiyya pleurèrent également. D’autres notables (10) les soutinrent et soumirent un rapport détaillé de l’affaire au roi, qui ordonna l’expulsion [de Fakhr ad-Dīn de la ville, malgré lui] (11). Fakhr ad-Dīn retourna donc à Hérat.