Al-Bidayah wa an-NihayahIbn Kathir

Le lion féroce et l’armée de Hama se rassemblèrent, si bien que la troupe [d’al-Afdal Ibn an-Nâsir] (1) s’accrut et gagna en puissance. Son armée entra dans la cité et proclama son cri de ralliement, mais personne parmi la population ne les suivit. De son côté, al-ʿAdil arriva de Mardin avec ses troupes, ayant rallié à lui les émirs de son frère, ainsi qu’un groupe parmi les siens (2), tandis que chaque province le soutenait de ses notables. Il devança al-Afdal de deux jours à Damas, l’y fortifia et la protégea de tout envieux et de tout observateur malintentionné. Il nomma son fils Muḥammad al-Kāmil comme lieutenant sur Mardin. Lorsqu’il pénétra dans Damas, la majorité des émirs égyptiens et d’autres encore firent défection pour se rallier à lui. La position d’al-Afdal s’affaiblit et il perdit l’espoir de leur aide et de leur bienveillance. Il demeura dès lors à assiéger (3) la cité avec ceux qui l’accompagnaient, et ce, jusqu’à ce qu’une année complète s’écoulât. Puis la situation se dénoua au début de l’année suivante, comme on l’exposera, si Dieu le veut.

Cette même année, on entreprit la construction d’un rempart autour de Bagdad en briques cuites (4) et à la chaux, sa réalisation étant répartie entre plusieurs émirs. Les travaux (5) se terminèrent après cette année, assurant ainsi à Bagdad une protection contre les inondations et les sièges ; elle ne disposait auparavant d’aucun mur.

[Sultan Abū Muḥammad Yaʿqūb Ibn Yūsuf] (6) :

[La même année] (7), le grand sultan Abū Muḥammad Yaʿqūb Ibn Yūsuf Ibn ʿAbd al-Mu’min, souverain du Maghreb et d’al-Andalus, décéda dans sa cité. Il avait construit à proximité une ville nommée Milīḥa, qu’il appela al-Mahdiyya. C’était un homme pieux, de bonne conduite et de conscience droite. Il suivit d’abord le rite mālikite, puis adopta le courant ẓāhirite avec fermeté, avant de s’orienter vers l’école shāfiʿite ; il nomma même, dans certaines de ses provinces, des qāḍīs (9) shāfiʿites. Son règne dura quinze ans, et il participa à de nombreux jihads, —qu’Allah lui fasse miséricorde—. Il dirigeait lui-même les fidèles lors des cinq prières quotidiennes, et il était proche des femmes et des plus faibles [—qu’Allah lui fasse miséricorde—] (10). Il reçut un jour une requête de Ṣalāḥ ad-Dīn, sollicitant son aide contre les Francs, mais comme celui-ci ne l’avait pas interpellé en tant qu’Émir des Croyants, il s’en offensa et refusa de répondre à sa demande. Après sa mort, son fils Muḥammad lui succéda et gouverna à la manière (11) de son père ; de nombreux territoires revinrent alors sous son autorité.

(1) Leur emplacement dans l'édition : Basah. (2) A, B : Banu. C'est une erreur. (3) Éd. : Muhāṣir. (4) Éd. : bil-ʾājar. (5) Éd. : wa-kamilat. (6) Sa biographie se trouve chez Ibn al-Athīr (9/245-246), Mirʾāt al-Zamān (8/374), Dhayl al-Rawḍatayn (16), Wafayāt al-Aʿyān (7/3-19), al-ʿIbar (4/289) et Mirʾāt al-Jinān (3/479-484). Il possède également une biographie remarquable dans Tārīkh al-Islām (12/1051-1064). (7) Éd. : wa-fīhā. (8) Éd. : banā. (9) N'existe pas dans B. (10) Concernant seulement l'édition T. (11) B : kasīr.
والليث الكاشر، وجيش حماة، فكثر جيشه وقوي [الأفضل بن الناصر] (١) ، وقد دخل جيشه إِلى البلد، ونادوا بشعاره فلم يتابعهم من العامة أحد، وأقبل العادل من ماردين بعساكره وقد التف عليه أمراء أخيه، وطائفة بني (٢) أخيه، وأمده كل مصر بأكابره، وسبق الأفضل إِلى دمشق بيومين فحصنها وحفظها، من كل حاسد وذي عينين، وقد استناب على ماردين ولده محمدًا الكامل. ولما دخل دمشق خامر إِليه أكثر الأمراء من المصريين وغيرهم، وضعف أمر الأفضل ويئس من برهم وخيرهم، فأقام محاصرًا (٣) البلد بمن معه حتى انسلخ الحول وهو كذلك، ثم انفصل الحال في أول السنة الآتية على ما سيأتي بيانه إِن شاء الله تعالى. وفيها: شُرع في بناء سورٍ لبغداد من الآجُرّ (٤) والكلس، وفرق على الأمراء، فكملت (٥) عمارته بعد هذه السنة فأمنت بغداد من الغرق والحصار، ولم يكن لها سور قبل ذلك. [السلطان أبو محمد يعقوب بن يوسف] (٦) : [وفي هذه السنة] (٧) توفي السلطان الكبير أبو محمد يعقوب بن يوسف بن عبد المؤمن، صاحب المغرب والأندلس بمدينته، وكان قد ابتنى (٨) عندها مدينة مليحة، سمّاها المهدية. وقد كان ديّنًا حسن السيرة صحيح السريرة، وكان مالكيَّ المذهب، ثم صار ظاهريًا حزميًا، ثم مال إِلى مذهب الشافعي، واستقضى في بعض بلاده منهم قضاة (٩) ، وكانت مدة ملكه خمس عشرة سنة، وكان كثير الجهاد، (رحمه الله) ، وكان يؤمّ الناس في الصلوات الخمس، وكان قريبًا إِلى المرأة والضعيف [ (رحمه الله) ] (١٠) ، وهو الذي كتب إِليه صلاح الدين يستنجده على الفرنج، فلما لم يخاطبه بأمير المؤمنين غضب من ذلك ولم يجبه إِلى ما طلب منه، وقام بالملك بعده ولده محمد فسار كسيرة (١١) والده، ورجع إِليه كثير من البلدان
(١) مكانهما في ط: باسه. (٢) أ، ب: بنو. وهو خطأ. (٣) ط: محاصر. (٤) ط: بالآجر. (٥) ط: وكملت. (٦) ترجمته عند ابن الأثير (٩/ ٢٤٥ - ٢٤٦) ومرآة الزمان (٨/ ٣٧٤) وذيل الروضتين (١٦) ووفيات الأعيان (٧/ ٣ - ١٩) والعبر (٤/ ٢٨٩) ومرآة الجنان (٣/ ٤٧٩ - ٤٨٤) وله ترجمة رائقة في تاريخ الإسلام (١٢/ ١٠٥١ - ١٠٦٤). (٧) ط: وفيها. (٨) ط: بنى. (٩) ليس في ب. (١٠) عن ط وحدها. (١١) ب: كسير.

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