Ses compagnons et camarades issus de la doctrine jahmite, ainsi que sa faible connaissance du Coran (1) et du Hadith, l’ont conduit à commettre cet acte et à nourrir cette intention odieuse et corrompue. C’est alors que Dieu le fit périr rapidement et le détruisit, élevant par là même le rang des Hanbalites (2) parmi la population (3) d’Égypte (4) et du Levant, aussi bien auprès des notables que du commun.
On raconte que l’un de leurs pieux invoqua contre lui, et à peine était-il sorti à la chasse que sa ruine survint promptement. Dieu est le plus savant.
Le Qâdî al-Fâḍil écrivit une lettre de condoléances au sujet d’al-‘Azîz destinée à son oncle (5), al-Malik al-‘Âdil, lequel (6) assiégeait alors Mardin, accompagné des troupes et de son fils Muḥammad al-Kâmil, ce dernier étant son lieutenant dans les territoires de la Jazîra, attenants à la région de al-Ḥîra.
Voici la teneur de la lettre : « Que Dieu prolonge la souveraineté de notre seigneur al-Malik al-‘Âdil (7), qu’Il bénisse son existence, qu’Il élève son autorité par Sa puissance, qu’Il élève la victoire de l’islam grâce à son soutien (8). Les âmes se sacrifieraient pour la sienne si précieuse. Que Dieu atténue les grandes difficultés par Ses immenses bienfaits qu’Il lui accorde ; qu’Il lui donne une vie bénie, à lui et à l’islam, sur les champs (9) des conquêtes majeures. Qu’il en revienne ensuite victorieux, avec la sécurité et une issue heureuse. Qu’il ne lui manque ni hommes ni effectifs, que Dieu ne le prive jamais d’âme ni de descendance. Qu’Il ne raccourcisse pas sa portée ni sa main, qu’Il ne l’afflige d’aucune souffrance aux yeux ni au cœur, qu’Il ne lui trouble ni pensée ni subsistance.
Lorsque Dieu décréta la mort du roi al-‘Azîz — que la miséricorde de Dieu soit sur lui, et que Ses salutations se renouvellent pour lui —, à l’échéance de son terme et à l’arrivée de son heure, l’épreuve fut rude et la survenue du malheur pénible (10). Que Dieu fasse miséricorde à son visage, qu’Il l’embellisse, et qu’Il le conduise vers le chemin du Paradis. Comme le rappelle al-Kâmil :
« Et lorsque les beautés de certains visages se fanent… / Alors la terre efface la trace de ce visage gracieux. » (11)
Que la tristesse l’emporte donc sur le serviteur, les proches et surtout sur le cœur de notre souverain — que Dieu ne le prive pas de consolation (12) — en raison de la rapidité de sa perte, de son retour à sa couche mortuaire et du fait qu’il ait revêtu les habits de l’épreuve avant même que ceux de la jeunesse (13) ne se fussent usés. Ainsi fut-il conduit en terre, et son lit… »