Et il a dit (1) :
[Sur le mètre al-khafîf]
« Quand l’époque se trouble, les vils s’élèvent
Jusqu’à ce que le malheur touche tout le monde.
Ainsi va l’eau stagnante : lorsqu’on l’agite,
Au fond s’en soulèvent alors toutes les impuretés. »
Et de lui également :
[Sur le mètre al-khafîf]
« Je me suis détaché de ce monde, tandis que nul ne s’en détache
Lorsque ses espoirs et ses convoitises y sont attachés.
Or, dès (2) que je tourne mon visage loin de lui,
(3) Il me projette dans son océan tumultueux.
Ils s’éclairent à ma lumière et moi, je péris seul,
Comme si (4) j’étais la mèche d’une lampe. »
Il (5) mourut cette année-là, au mois de Dhou al-Hijja, à l’âge de soixante-douze ans. Une foule nombreuse assista à ses funérailles, et il fut inhumé auprès de Moussa ibn Ja‘far.
Le juge Abou l-Hasan ‘Alî ibn Rajâ (6) ibn Zuhayr ibn ‘Alî al-Bata’ihî vint à Bagdad, où il étudia la jurisprudence et écouta des hadiths. Il demeura à la Rahba de Mâlik ibn Tûq pendant un temps, se formant auprès d’Abou ‘Abdallâh ibn al-Nabîh, spécialiste du droit successoral (farâ’id). Par la suite, il exerça la fonction de juge à al-Gharrâf (7) quelque temps. Il était un juriste versé et un homme de lettres. Il transmit ce qu’il avait entendu de son maître, Abou ‘Abdallâh ibn al-Nabîh, qui récitait ces vers composés par lui-même, en réponse à ceux du Harîrî, lequel prétendait qu’ils ne pouvaient être surpassés par un troisième (8) :
[Sur le mètre as-sarî‘]
« Marque-toi d’une empreinte dont on louera les effets
Et remercie celui qui donne, même s’il ne donne qu’un grain de sésame.
Quant à la ruse, évite-la autant que tu le pourras,
Pour acquérir la noblesse et la gloire. »