Al-Bidayah wa an-NihayahIbn Kathir

Ils arrivèrent en masse, avec toutes leurs troupes et leurs armes. Le roi al-ʿAdil Abou Bakr les rencontra dans la plaine d’Acre, les mit en déroute et s’empara de leurs dépouilles. Il s’empara également de Jaffa par la force, louange et grâce en reviennent à Dieu. Ils avaient écrit au roi des Germains pour l’encourager à prendre Jérusalem, mais Dieu voulut qu’il périsse rapidement, et louange Lui soit rendue en abondance.

Cette même année, les Francs s’emparèrent de Beyrouth sans combat ni résistance, des mains de son gouverneur ʿIzz ad-Dîn Sâma. À ce sujet, un poète composa ces vers au sujet de l’émir Sâma :

« Remets la forteresse, nul reproche ne peut t’en être fait… Car l’on ne blâme pas celui qui désire la paix.
Car livrer des places fortes sans entrer en guerre… est une coutume qu’y établit Sâma à Beyrouth. »

Dans cette même période, le roi franc Kindahrî mourut en tombant d’une grande hauteur. Les Francs se retrouvèrent alors tels des brebis sans berger, jusqu’à ce qu’ils fassent roi le seigneur de Chypre et le marient à la reine, l’épouse de Kindahrî. De nombreux événements eurent lieu entre eux et al-ʿAdil (Abou Bakr ibn Ayyoub). En chacune de ces circonstances, il prit le dessus sur eux, les battit et fit périr nombre de leurs combattants, grâce soit rendue à Dieu. Ils restèrent dans cet état jusqu’à ce qu’ils demandent la trêve et la paix ; il conclut donc avec eux un accord l’année suivante, comme il sera rapporté.

[Au sujet de Sayf al-Islâm Tugtukîn ibn Ayyoub, frère du sultan Saladin] :

Cette année-là, le roi du Yémen, Sayf al-Islâm Tugtukîn ibn Ayyoub (frère du sultan Saladin), mourut à Zabid. Il avait réuni d’immenses richesses, faisant fondre l’or en blocs grands comme des meules et l’entassant ainsi. Son fils Ismâʿîl lui succéda au pouvoir. C’était un homme irréfléchi, manquant de sens politique, au point que son ignorance le conduisit à prétendre être un Qurayshite omeyyade et à prendre pour titre « al-Hâdî ». Son oncle al-ʿAdil lui écrivit pour le mettre en garde, critiquant son attitude et le menaçant à ce sujet ; cependant, il refusa d’y prêter attention et persévéra dans son comportement, malmenant les émirs et la population. Il fut donc tué, et l’un des mamelouks de son père prit le pouvoir après lui.

(1) Dans l'édition : « Ils s’avancèrent avec leur bandage et leur fer, et ils les rencontrèrent. » (2) Dans l'édition : « châmma » avec le shīn emphatique, ce qui est une erreur de copie, tandis que ce que nous avons retenu avec le bâʾ et dans les deux Rūḍatayn et autres, comme nous l’avons expliqué il y a peu (Bachār). (3) Les deux vers dans les deux Rūḍatayn (2/233). (4) Dans l'édition : « Aftaʿṭī. » (5) Présent uniquement dans le manuscrit bâʾ. (6) Sa biographie se trouve dans Ibn al-ʿAthīr (9/238-239), les deux Rūḍatayn (2/233) et sa suite (11), Wafayāt al-Aʿyān (2/523-525), Mukhtaṣar Majmaʿ al-Ādāb dans Muʿjam al-Alqāb (1/416), Abū al-Fidāʾ (3/93), al-ʿIbar (4/281) et Mirʾāt al-Janān (3/475-476). (7) Absent du manuscrit bâʾ. (8) Dans le manuscrit bâʾ : al-Malik an-Nāṣir.
فأقبلوا بقَضّهم وقضيضهم وحدهم وحديدهم، فالتقاهم (١) الملك العادل أبو بكر بمرج عكا فكسرهم وغنمهم، وفتح يافا عنوة ولله الحمد والمنة. وقد كانوا كتبوا إِلى ملك الألمان يستنهضونه لفتح بيت المقدس، فقدر الله هلاكه سريعًا، والحمد لله كثيرًا. وأخذت الفرنج في هذه السنة بيروت من يد نائبها عز الدين سامة (٢) من غير قتال ولا نزال، ولهذا قال بعض الشعراء في الأمير سامة: [من الخفيف] (٣) سَلِّمِ الحِصْنَ ما عَلَيْكَ مَلامَهْ … ما يُلامُ الَّذي يريد السَّلامَهْ فَعَطَاءُ (٤) الحُصونِ من غَيْرِ حَرْبٍ … سُنَّةٌ سَنَّها بِبَيْروتَ سامَهْ ومات فيها ملك الفرنج كندهري، سقط من شاهق فمات، فبقيت الفرنج كالغنم بلا راعٍ، حتى ملكوا عليهم صاحب قبرس وزوّجوه بالملكة امرأة كندهري، وجرت خطوب كثيرة بينهم وبين العادل [أبي بكر بن أيوب] (٥) . ففي كلها يستظهر عليهم ويكسرهم، ويقتل خلقًا من مقاتلتهم، ولله الحمد، ولم يزالوا كذلك معه حتى طلبوا الصلح والمهادنة، فعاقدهم على ذلك في السنة الآتية كما سيأتي. [سيف الإسلام طغتكين بن أيوب أخو السلطان صلاح الدين] (٦) : فيها (٧) : توفي ملك اليمن سيف الإسلام طُغْتِكين بن أيوب [أخو السلطان صلاح الدين] (٨) بزَبيد وكان قد جمع أموالًا جزيلة جدًا، وكان يسبك الذهب مثل الطواحين ويدَّخره كذلك، وقام في الملك بعده ولده إِسماعيل، وكان أهوج قليل التدبير، فحمله جهله على أن ادّعى أنه قرشي أموي، وتلقب بالهادي، فكتب إِليه عمه العادل ينهاه عن ذلك، ويهجن رأيه ويتهدده بسبب ذلك، فلم يقبل منه ولا التفت إِليه، بل تمادى في ذلك وأساء التدبير إِلى الأمراء والرعية، فقتل وتولى بعده مملوك من مماليك أبيه.
(١) ط: فأقبلوا بحدهم وحديدهم فتلقاهم. (٢) في ط: "شامة" بالشين المعجمة، وهو تصحيف، وما أثبتناه من ب والروضتين وغيرهما، وقد تكلمنا عليه قبل قليل (بشار). (٣) البيتان في الروضتين (٢/ ٢٣٣). (٤) ط: أفتعطي. (٥) عن ب وحدها. (٦) ترجمته في ابن الأثير (٩/ ٢٣٨ - ٢٣٩) والروضتين (٢/ ٢٣٣) وذيلها (١١) ووفيات الأعيان (٢/ ٥٢٣ - ٥٢٥) وتلخيص مجمع الآداب في معجم الألقاب (١/ ٤١٦) وأبو الفداء (٣/ ٩٣) والعبر (٤/ ٢٨١) ومرآة الجنان (٣/ ٤٧٥ - ٤٧٦). (٧) ليس في ب. (٨) ب: الملك الناصر.

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