Il le remercie pour l’effort qu’il déploie à les combattre et pour sa protection du domaine de l’islam. À ce sujet, il dit dans l’une des lettres qu’il lui a adressées :
« Les temps que vous traversez sont comme les fiancées de la vie, et les dépenses que vous effectuez de vos mains sont telles les dots des houris dans la Demeure de l’éternité. Qu’il est heureux, celui qui confie à la Main de Dieu ce qu’il tient dans la sienne ! Voilà bien les bienfaits que Dieu lui accorde, et Sa faveur que tout demandeur n’atteint pas nécessairement. Et la noirceur de la poussière soulevée lors de ces batailles efface la noirceur qu’ont laissée les péchés dans nos feuillets. Ô combien ces moments sont bénis, et combien ces tremblements mêmes contribuent à la sérénité. »
Il lui écrivit également :
« Puisse Dieu perpétuer ce Nom comme un diadème au sommet des chaires et des écrits, et comme la source de vie pour ce monde et tout ce qu’il renferme de corps et d’âmes. Le serviteur (mamlouk) a saisi ce qu’il devait saisir de l’affaire que les circonstances imposaient, et l’issue finale en fut ce que l’on sait à Beyrouth. Nul besoin d’en dire davantage après avoir évoqué la situation par ce vers :
“Ne vois-tu pas qu’un homme souffrant de la main droite… l’ampute de lui-même, afin de préserver le reste de son corps ?”
Si une quelconque solution avait existé, notre seigneur (Mawlana) s’en serait déjà emparé. Car celui qui taille l’ongle d’un doigt n’agit ainsi que pour en retirer un bienfait pour le corps et écarter de lui tout mal. Comme l’exprime le poète :
“Endurer l’épreuve n’est pas nuisible… pourvu qu’on la croie un moyen d’atteindre ce qui est digne d’éloge.”
La fin de toute détresse est le début de toute nouvelle expédition. Que notre seigneur ne se lasse point de nourrir l’intention du ribât, de l’accomplir et d’en supporter la charge : car s’il tourne son visage vers une seule Face, celle de Dieu, Dieu fera que tous les visages se tournent vers lui. C’est ainsi que s’accomplit la parole divine : « Et ceux qui luttent pour Notre cause, Nous les guiderons assurément sur Nos voies ; et, en vérité, Dieu est avec ceux qui agissent avec bienfaisance » (Coran 29 : 69).
C’est au cours de cette même année qu’expira la durée de la trêve conclue par le roi Ṣalāḥ al-Dīn (Dieu lui fasse miséricorde) avec les Francs.