Ils empruntèrent une voie et se réfugièrent dans les mosquées principales, se soumettant à l’épreuve le cou humble, le visage soumis, et l’âme détournée de la famille et des biens. Ils jetaient des regards furtifs, redoutant la survenue de tout grand malheur. Leurs attaches à la vie furent coupées et les chemins de salut leur semblèrent obscurcis. Ils se prirent alors à réfléchir à ce qui allait advenir, puis s’élevèrent pour prier, aspirant à faire partie de ceux qui restent constants dans cette pratique.
Jusqu’à ce que Dieu autorise l’apaisement et accorde aux veilleurs le repos. Dès lors, chacun saluait son compagnon et le félicitait de la sûreté de son chemin, s’imaginant ressuscité après le Souffle (dans la Trompe) et réveillé après le Cri et l’Appel, convaincu que Dieu lui avait rendu son avantage et l’avait fait revivre après avoir failli le surprendre. Les nouvelles rapportèrent alors que l’épreuve avait brisé des navires en mer, déraciné des arbres dans les régions désertiques et fait périr un grand nombre de voyageurs. Certains prirent la fuite, mais elle ne leur servit à rien.
Il poursuivit en disant : « Que l’assemblée ne pense pas que j’aie laissé filer la plume de travers, ou que mon savoir soit vide. L’affaire est plus considérable encore, mais Dieu nous a préservés. Nous espérons qu’Il nous a réveillés par ce dont Il nous a instruits, et nous a avertis par ce qui nous préoccupait. De tous Ses serviteurs, nul n’a considéré la Résurrection de ses propres yeux sans réclamer ensuite une preuve supplémentaire, hormis les habitants de notre contrée. Jamais les Anciens n’ont relaté pareille épreuve, et nul précédent ne l’a devancée dans la liste des grandes afflictions. Louange à Dieu qui, par Sa grâce, nous a permis de l’évoquer, plutôt qu’on ne l’évoque à notre propos. Nous L’implorons de nous écarter de l’avidité et de l’orgueil, et de ne point nous compter parmi les gens de la ruine et de la perdition. »
La même année, le cadi al-Fâdel, depuis l’Égypte, écrivit au roi al-‘Adil à Damas pour l’exhorter à combattre les Francs.