En cette année, Mujîr ad-Dîn (1) Abû al-Qâsim Maḥmûd ibn al-Mubârak al-Baghdâdî (2) enseigna à la Nizâmiyya. C’était un homme distingué, brillant et doué pour la controverse. Il mourut au cours de cette même année (qu’Allah lui fasse miséricorde).
En cette même année, on tua le chef des shafi‘ites à Ispahan, Ṣadr ad-Dîn Maḥmûd (3) ibn ‘Abd al-Laṭîf ibn Muḥammad ibn Thâbit al-Khujandî (4). Il fut assassiné par Falak ad-Dîn Sanqar al-Ṭawîl (5), et cela entraîna la destitution du pouvoir d’Ispahan par le Dîwân.
[Muʾayyid ad-Dawla Abû al-Faḍl Muḥammad ibn ‘Alî ibn al-Qaṣṣâb] (6) : Toujours en cette année, le vizir du califat, Muʾayyid ad-Dîn Abû al-Faḍl Muḥammad ibn ‘Alî ibn al-Qaṣṣâb, décéda. Son père vendait de la viande dans certains (7) marchés de Bagdad, mais le fils parvint à s’élever et s’imposa comme une éminence de son temps. Il mourut (8) à Hamadhân, après avoir rendu de nombreux districts des terres d’Irak, du Khorassan et d’autres contrées (9) au Dîwân du califat. C’était un homme entreprenant, d’une grande ambition, d’un caractère ferme, et il composait également de la belle poésie.
[Muḥammad ibn Abî ʿAlî an-Nawqânî ash-Shâfiʿî] (10) :
(1) Abū Shāmah a mentionné que Mujīr ad-Dīn est décédé cette année-là, c’est-à-dire en 592 [hégire]. Son nom complet était Maḥmūd ibn al-Mubārak ibn ʿAlī ibn al-Mubārak, Abū al-Qāsim. Il est né en 517, s’est formé selon l’école d’Ibn Ḥanbal, puis s’est tourné vers l’école shāfiʿite. Il a enseigné à al-Niẓāmiyya puis est parti à Hamadhān où il est mort en Dhu al-Qaʿda. Bachār a dit : « Il a une notice biographique dans Takmīlat al-Mundhirī (1/267) et nous y avons mentionné plusieurs sources relatant sa biographie. »
(2) N’est pas présent dans la version collée.
(3) C’est ainsi qu’Ibn al-ʿAṭīr l’a nommé et c’est ce que l’auteur rapporte, mais le nom correct est « Muḥammad ». En effet, Ibn al-Dubaythī l’a biographié sous ce nom dans al-Muḥammadayn de son histoire (feuillet 77, Chahīd ʿAlī Bāshā), et pareillement al-Mundhirī dans Takmīlat (1/252), ainsi que al-Dhahabī dans plusieurs de ses ouvrages, notamment Tārīkh al-Islām (12/984) (Bachār).
(4) Sa biographie est chez Ibn al-ʿAṭīr (9/236), al-Dhayl ʿalā al-Rawḍatayn (10), et Abū al-Fidāʾ (3/91-92).
(5) A, T : Malik ad-Dīn, Ibn al-ʿAṭīr (9/236).
(6) Sa biographie chez Ibn al-ʿAṭīr (9/237), al-Mukhtaṣar al-Muḥtāj ilayh (p. 96), Mirʾāt al-Zamān (8/450), al-Dhayl ʿalā al-Rawḍatayn (9), Tārīkh al-Islām (12/986) et al-ʿIbar (4/79-80).
(7) Dans B : avec « بعض » (quelques-uns).
(8) Dans B : « et sa mort fut ».
(9) Dans B : « et al-Khuẓistān ».
(10) Cette notice biographique a été altérée de manière regrettable dans l’édition T ainsi que dans d’autres copies, concernant le nom, le nom du père et la nisba. Il a été appelé « Maḥmūd » alors qu’il s’agit de « Muḥammad », on a écrit « ibn ʿAlī » alors que c’est « ibn Abī ʿAlī », et sa nisba a été donnée comme « al-Tawqānī ». La version correcte est celle que nous avons donnée, confirmée par Ibn al-ʿAṭīr dans al-Kāmil, même si son éditeur orientaliste a préféré la lecture erronée, comme le montre sa note, ce qui a ensuite influencé les éditions arabes (voir l’édition Ṣādir qui a conservé les annotations de l’éditeur orientaliste, 12/124). Ibn al-Dubaythī l’a biographié dans son histoire, appendice de la notice d’Ibn al-Samʿānī (feuillet 180 du volume Paris 5921), et al-Mundhirī dans Takmīlat (1/biographie 309) indique qu’il est né à Binūqān en 516, précisant sa lignée au moyen de lettres.