Il apparut comme si la main du (1) Noir avait dégainé une lame blanche acérée,
semblable à un cheval gris dans la poussière lorsqu’il s’élance.
Il paraît tel le souffle du (2) vent sur les braises du ghadâ,
au point qu’on croirait le (3) Zangī ne jamais cesser de fixer du regard, qu’il ouvre ou qu’il ferme les yeux,
ou telle la flamme du feu dont la lueur s’élève puis retombe.
Hélas pour cet éclair qui brilla sur Dhât al-Adâ !
Cela me rappela une époque révolue au gué d’al-Ghuwayr, désormais éteinte.
Alors mon cœur me dit : « Projette-tu (4) un désir pour ensuite le fuir ? »
Il recherche (5) celui qui l’a rendu souffrant – puisse-je être sacrifié pour ce “maladeur” !
Ô cible du cœur, tu as laissé mon cœur à découvert,
face à des flèches que (6) le destin semble décocher.
Je passai alors la nuit sans douter que mon sommeil était anéanti,
jusqu’à ce que la nuit même (7) se retire, prête à disparaître,
et que l’aurore vînt blanchir les confins de l’obscurité.
Elle (8) dégaina dans l’Orient une clarté qu’elle (9) brandit à l’encontre de l’Occident,
comme un (10) faucon s’éveillant à l’aube de son sommeil pour s’ébrouer.
[Puis arriva l’année cinq cent quatre-vingt-douze (de l’Hégire).]
En Rajab de cette même année, al-ʿAzîz vint d’Égypte en compagnie de son oncle al-ʿÂdil, à la tête des troupes. Ils pénétrèrent (11) Damas de force et en expulsèrent les précédents occupants.