Damas. Al-Afdal se rendit également chez son frère az-Zahir à Alep, et tous deux marchèrent ensemble en direction de Damas. Lorsque le vizir l’apprit et qu’il se trouva proche de Damas, il rebroussa rapidement chemin vers l’Égypte. Al-‘Adil et al-Afdal se mirent alors à sa poursuite pour lui reprendre l’Égypte. Ils étaient convenus que le tiers du royaume d’Égypte reviendrait à al-‘Adil et les deux tiers à al-Afdal. Cependant, al-‘Adil changea d’avis : il dépêcha un message à al-‘Azîz pour le conforter dans son pouvoir et s’employa, pour sa part, à détourner al-Afdal de son projet. Ils séjournèrent à Bilbays quelques jours, jusqu’à l’arrivée du qâdî al-Fâdil, envoyé par al-‘Azîz, et ils conclurent alors la paix. Aux termes de l’accord, Jérusalem et son territoire revinrent à al-Afdal, tandis qu’al-‘Adil devait résider en Égypte avec son ancienne iqṭa‘. Al-‘Adil y demeura, convoitant le pays ; al-Afdal, quant à lui, retourna à Damas après qu’al-‘Azîz fût sorti l’accompagner pour ses adieux. Ce n’était toutefois qu’une trêve entachée de troubles et une paix viciée par la rancœur.
Cette même année, il y eut parmi les personnalités décédées : ‘Alî ibn Ḥassân ibn Musâfir, Abû al-Ḥasan al-Kâtib al-Baghdâdî, qui fut un homme de lettres et un poète. Parmi ses vers, on cite ce passage (dans le mètre réduit du rajaz) :
« Il chassa mon sommeil et s’en alla…
Un éclair brilla sur Sal‘, puis disparut. »