Ils les vainquirent une première fois et remportèrent sur eux un butin équivalent ou supérieur à ce qui avait été pris auparavant (1). Le sultan s’empara de nombre de leurs forteresses (2) et de leurs châteaux, louange et grâce en soient rendues à Dieu.
On raconta même (3) qu’un prisonnier fut vendu pour un dirham, un cheval pour cinq dirhams, une tente pour un dirham et une épée pour moins encore. Puis le sultan (4) répartit ces dépouilles conformément aux prescriptions légales, si bien que les combattants s’en trouvèrent enrichis à jamais. Ensuite, les Francs [auprès du sultan] (5) demandèrent la paix, et il conclut avec eux une trêve de cinq ans pour suspendre les combats.
La raison qui le poussa à agir de la sorte était l’apparition, en Ifrīqiya, d’un homme appelé ‘Alī ibn Isḥāq al-Mayurqī (6) [surnommé] (7) al-Mulaththam (8), qui, durant l’absence du sultan occupé à lutter contre les Francs trois années durant, perpétra des actes terribles. Ce rebelle mayurquien mena des raids dans les contrées éloignées, sema la corruption sur terre, tua un grand nombre de personnes et s’empara de territoires.
Durant cette année et la précédente, l’armée du calife [sur de nombreuses régions] (9) conquit Ray, Ispahan, Hamadan (10), le Khuzestân et d’autres contrées, renforçant ainsi le pouvoir du califat (11) sur les rois et les royaumes (12).
La même année, al-‘Azīz quitta l’Égypte, se dirigeant vers Damas pour l’arracher à son frère al-Afḍal. Or, al-Afḍal s’était repenti, était revenu à la droiture, avait abandonné le vin, les plaisirs et les jeux, et s’était consacré au jeûne et à la prière (13). Il se mit à écrire de sa main un exemplaire du Coran, et sa conduite s’améliora. Toutefois, son vizir ḍiyā’ (14) al-Jazarī ruinait son autorité et troublait sa quiétude. Lorsque al-Afḍal apprit l’arrivée imminente de son frère, il se hâta de rejoindre son oncle al-‘Ādil, qui se trouvait alors à Ja‘bar, pour solliciter son secours. Celui-ci marcha à ses côtés et prit les devants pour