Al-Bidayah wa an-NihayahIbn Kathir

Entre eux (1), on revint à la concorde après la discorde (2), à condition que Jérusalem (al-Quds), ainsi que les régions voisines de la Palestine de son côté, reviennent à al-ʿAzīz, que Jabla et al-Lādliyya soient attribuées à al-Ẓāhir, seigneur d’Alep, et que leur oncle al-ʿĀdil conserve son fief originel en Égypte, en plus de ce dont il disposait déjà en Syrie (3) et dans la Jazīra, comme Khiẓān, ar-Ruhā (Edesse), Jaʿbar et les territoires attenants (4). Ils tombèrent d’accord sur cela, et al-ʿAzīz épousa la fille de son oncle al-ʿĀdil. Il tomba ensuite malade puis recouvra la santé alors qu’il campait à Marj as-Ṣuffar. Les rois sortirent pour le féliciter de sa guérison, de son mariage et de la conclusion de la paix, puis il retourna en Égypte (6) tant son désir de revoir sa famille et ses enfants était grand.

Quant à al-Afḍal, après la mort de son père, il administra mal les affaires : il écarta les émirs et les proches conseillers de son père, se rapprocha d’étrangers, s’adonna à la consommation d’alcool, aux divertissements et aux plaisirs, et finit sous l’emprise de son vizir Ḍiyāʾ ad-Dīn Ibn al-Athīr al-Jazarī (7), qui l’incitait (8) à toutes ces pratiques. Il se perdit et le perdit, s’égara et l’égara, si bien que la faveur divine se retira d’eux deux, comme on le verra.

Au cours de cette même année, une grande bataille eut lieu entre Shihāb ad-Dīn (9), roi de Ghazna, et les mécréants de l’Inde, qui s’avancèrent contre lui au nombre d’un million de combattants avec sept cents éléphants, dont un blanc, fait inouï. Ils se livrèrent un combat d’une violence inégalée. Shihāb ad-Dīn les vainquit près d’un large fleuve appelé al-Mallāḥūn, tua leur roi, s’empara de leurs réserves, de celles de leurs terres et de leurs éléphants. Il pénétra ensuite dans la principale cité du roi, y amassa l’or et d’autres biens de son trésor sur mille quatre cents chameaux, avant de rentrer sain et sauf (10), couvert de gloire.

La même année, le sultan Khwārazm Shāh Tekish – que l’on appelle aussi Ibn al-Aṣbāghī (11) – s’empara de Rayy et d’autres territoires, puis se réconcilia (12) avec le sultan seldjoukide Ṭughril Beg (13), qui avait déjà pris possession de Rayy et de tout le reste du royaume de son frère (14).

(1) B : entre les deux frères. (2) A, T : la droite. (3) B : Jérusalem. (4) B : des régions de al-Karak, ash-Shawbak et de la région du Jazīra. (5) B : ces environs. (6) B : vers son pays après que son désir s’est prolongé. (7) Il s’agit de Naṣr ibn Muḥammad ibn ʿAbd al-Karīm ibn ʿAbd al-Wāḥid al-Shaybānī al-Jazrī, Ḍiyāʾ ad-Dīn al-Wazīr, auteur de l’adage célèbre. Sa biographie apparaît dans Wafayāt, année 637 de ce volume. (8) T : vers. (9) Ibn al-ʿAṭīr (9/229-231). (10) T : vers son pays, et non l’expression en B ; le copiste a ajouté à la fin du passage les mots « vers Ghazna ». (11) A : al-ʾAṣnāʿī, T : al-ʾIṣbaʿī. Sa biographie apparaît dans Ḥawādith, année 596 de ce volume. (12) Ensuite en A : le sultan Khwārizm Shāh Takish. (13) Il a une biographie dans Tārīkh dawlat āl Saljūq (276), Ibn al-ʿAṭīr (9/230-231), Dhayl ar-Rawḍatayn (6), Abū al-Fidāʾ (3/89) et al-ʿIbar (4/272). (14) Non mentionné en B.
بينهما (١) وردَّ الأمر للألفة بعد البين (٢) على أن يكون للعزيز القدس (٣) وما جاور فلسطين من ناحيته أيضًا، وعلى أن يكون جبلة واللاذليهّ للظاهر صاحب حلب، وأن يكون لعمهما العادل أقطاعه الأول ببلاد مصر مضافًا إِلى ما بيده من الشام (٤) والجزيرة كحزان والرُّها وجَعْبَر وما جاور ذلك (٥) ، فاتفقوا على ذلك، وتزوج العزيز بابنة عمه العادل، ومرض ثم عوفي، وهو مخيِّم بمرج الصُّفر، وخرجت الملوك لتهنئته بالعافية والتزويج والصلح، ثم كر راجعًا إِلى مصر (٦) لطول شوقه إِلى أهله وأولاده، وكان الأفضل بعد موت أبيه قد أساء التدبير، فأبعد أمراء أبيه وخواصه، وقرَّب الأجانب، وأقبل على شرب المسكر واللهو واللعب، واستحوذ عليه وزيره ضياء الدين ابن الأثير الجزري (٧) ، وهو الذي كان يحدوه على (٨) ذلك، فتلف وأتلفه، وضل وأضله، وزالت النِّعمة عنهما كما سيأتي بيانه. وفي هذه السنة كانت وقعة عظيمة بين شهاب الدين (٩) ملك غزنة وبين كفار الهند، أقبلوا إِليه في ألف ألف مقاتل، ومعهم سبعمئة فيل، منها فيل أبيض لم ير مثله، فالتقوا فاقتتلوا قتالًا شديدًا لم يُرَ مثله، فهزمهم شهاب الدين عند نهر عظيم يقال له: الملَّاحون، وقتل ملكهم واستحوذ على حواصله، وحواصل بلاده وغنم فيلتهم ودخل بلد الملك الكبرى، فحمل من خزانته ذهبًا وغيره على ألف وأربعمئة جمل، ثم عاد إِلى بلد (١٠) سالمًا منصورًا. وفيها: ملك السلطان خوارزم شاه تكش - ويقال له: ابن الأصباغي (١١) - بلاد الرّيّ وغيرها، واصطلح مع (١٢) السلطان طغرلبك (١٣) السلجوقي وكان [قد تسلم بلاد الري وسائر] (١٤) مملكة أخيه
(١) ب: بين الأخوين. (٢) أ، ط: اليمين. (٣) ب: بيت المقدس. (٤) ب: من بلاد الكرك والشوبك وبلاد الجزيرة. (٥) ب: ذلك النواحي. (٦) ب: إِلى بلاده بعد ما طال شوقه. (٧) هو نصر بن محمد بن عبد الكريم بن عبد الواحد الشيباني الجزري، ضياء الدين الوزير صاحب المثل السائر. وسترد ترجمته في وفيات سنة ٦٣٧ من هذا السفر. (٨) ط: إِلى. (٩) ابن الأثير (٩/ ٢٢٩ - ٢٣١). (١٠) ط: إِلى بلاده، وليست العبارة في ب وأضاف ناسخها إِلى آخر العبارة لفظتي (إِلى غزنة). (١١) أ: الاصناعي، ط: الاصباعي. وسترد ترجمته في حوادث سنة ٥٩٦ من هذا الجزء. (١٢) بعدها في أ: السلطان خوارزم شاه تكش. (١٣) له ترجمة في تاريخ دولة آل سلجوق (٢٧٦) وابن الأثير (٩/ ٢٣٠ - ٢٣١) وذيل الروضتين (٦) وأبو الفداء (٣/ ٨٩) والعبر (٤/ ٢٧٢). (١٤) ليس في ب.

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