Al-Bidayah wa an-NihayahIbn Kathir

Puis ils devinrent (1) comme des feuilles desséchées (2)… que les vents de l’est et de l’ouest (3) emportèrent. Cependant, les jours (4) s’amusent de l’homme et, en vérité, les leçons et la réflexion y abondent (5).

[Ensuite survint l’année quatre-vingt-dix et cinq cents (590 de l’Hégire)]
Lorsque le sultan Al-Afdhal, fils de Ṣalāḥ ad-Dīn, s’établit à la place de son père à Damas (6), il envoya de somptueux présents, parmi lesquels se trouvaient des pièces rares et précieuses (7), à la cour du calife An-Nāṣir. Parmi ces offrandes figuraient l’équipement militaire de son père ainsi que le cheval sur lequel celui-ci combattait (8), et de nombreux autres objets, dont la Croix de la Crucifixion que son père avait prise aux Francs le jour de Ḥiṭṭīn (9). Cette croix contenait plus de vingt livres d’or et était incrustée (10) de pierres fines (11), auxquelles s’ajoutaient quatre jeunes filles issues des familles royales franques. Al-ʿImād al-Kātib rédigea pour lui une lettre solennelle exprimant ses condoléances pour son père, et demandant au calife de confirmer son autorité sur le royaume (12). Le calife répondit favorablement.

Lorsque vint le mois de Jumādā al-Ūlā (13), Al-ʿAzīz (14), souverain d’Égypte (15), arriva à Damas pour s’en emparer au détriment de son frère Al-Afdhal. Il établit son camp à Al-Kiswah le samedi, sixième jour de Jumādā, puis assiégea la cité. Son frère lui résista et la défendit. Les canaux furent alors coupés (16), les récoltes pillées, et la situation devint critique. Les hostilités se poursuivirent jusqu’à l’arrivée de leur oncle Al-ʿĀdil, qui finit par rétablir la paix.

(1) Dans les "Aghānī" : puis ils devinrent. (2) A : khaf, T : feuilles sèches. (3) A et "Aghānī" : bih, et dans "al-Shiʿr wa al-Shuʿarāʾ" : fīh. (4) T : takhtaṣ. (5) A : wa al-takfīr wa laysa al-bayt fī b wa lā al-Aghānī wa lā al-Shiʿr wa al-Shuʿarāʾ. (6) B : dans le royaume de Damas. (7) Seulement selon B. (8) B : les envahisseurs. (9) B : son père au jour de Hattīn contre les Francs. (10) T : incrusté. (11) B : la précieuse. (12) B : son royaume. (13) Uniquement selon T. (14) N'est pas dans B. (15) N'est pas dans B. (16) A, T : faṭʿa (il a coupé).
ثم أضْحَوْا (١) كَأَنَّهُم وَرَقٌ جَف (٢) … فَأَلْوَتْ بها (٣) الصَّبا والدَّبورُ غَيْرَ أَن الأيّامَ تَلْعَبْن (٤) بالمَرْ … ءِ وفيها لَعَمْري العِظاتُ والتَّفْكِيرُ (٥) [ثم دخلت سنة تسعين وخمسمئة] لما استقر الملك الأفضل بن صلاح الدين مكان أبيه بدمشق (٦) ، بعث بهدايا سنية، فيها [تحف شريفة] (٧) ، إِلى باب الخليفة الناصر، من ذلك سلاح أبيه وحصانه الذي كان يحضر عليه الغزوات (٨) وأشياء كثيرة، منها صليب الصلبوت الذي استلبه أبوه من الفرنج يوم حِطين (٩) وفيه من الذهب ما ينيف على عشرين رطلًا، وهو مرصَّع (١٠) بالجواهر النفيسه (١١) ، وأربع جواري من بنات ملوك الفرنج، وأنشأ له العماد الكاتب كتابًا حافلًا يذكر فيه التعزية بأبيه، والسؤال من الخليفة أن يكون في الملك من بعده (١٢) فأجيب إِلى ذلك. ولما كان شهر جمادى الأولى (١٣) قدم العزيز (١٤) صاحب مصر (١٥) إِلى دمشق ليأخذها من أخيه الأفضل، فخيَّم على الكسوة يوم السبت سادس جمادى، وحاصر البلد، فمانعه أخوه ودافعه عنها، فقطعت (١٦) الأنهار، ونهبت الثمار، واشتد الحال، ولم يزل الأمر كذلك حتى قدم العادل عمهما فأصلح
(١) في الأغاني: ثم صاروا. (٢) أ: خف، ط: أورقة جفت. (٣) أ والأغاني: به، وفي الشعر والشعراء: فيه. (٤) ط: تختص. (٥) أ: والتكفير وليس البيت في ب ولا الأغاني ولا الشعر والشعراء. (٦) ب: في ملك دمشق. (٧) عن ب وحدها. (٨) ب: الغزاة. (٩) ب: أبوه يوم حطين من الفرنج. (١٠) ط: مرصعًا. (١١) ب: الثمينة. (١٢) ب: ملكه. (١٣) عن ط وحدها. (١٤) ليس في ب. (١٥) ليس في ب. (١٦) أ، ط: فقطع.

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