Parmi les notables décédés cette année-là, on compte :
• Le sultan Ṣalāḥ al-Dīn Yūsuf Ibn Ayyūb (1), fils de Shādhī (et il a déjà été question de lui en détail) (2).
• L’émir Bakhtamar (3), maître de Khilāṭ, tué durant cette même année. Il figurait parmi les meilleurs rois, les plus courageux et les plus généreux, et sa conduite était exemplaire, qu’Allah lui fasse miséricorde.
• L’atabeg ‘Izz al-Dīn Mas‘ūd Ibn Mawdūd Ibn Zankī (4), qui régna sur Mossoul pendant près de treize ans. Il était l’un des meilleurs rois et le plus vertueux d’entre eux. On le comparait au roi juste Nūr al-Dīn le martyr, son oncle, qu’Allah lui fasse miséricorde. Il fut inhumé dans la sépulture qu’il s’était fait construire à proximité de la madrasa qu’il avait érigée à Mossoul. Qu’Allah le récompense.
• Ja‘far Ibn Muḥammad Ibn Faṭayrā, Abū al-Ḥasan, qui fut l’un des secrétaires (‘kuttāb’) d’Irak. On pense qu’il était affilié au chiisme, chose répandue chez les habitants de ces contrées [qu’Allah ne multiplie ni leurs semblables ni ceux de leur genre parmi les musulmans] (7). Un jour, un homme se présenta et déclara : « J’ai vu cette nuit l’émir des croyants ‘Alī (9) [en rêve] (10) [et il me disait] (11) : “Va trouver Ibn Faṭayrā, dis-lui de te donner dix dinars.” » Ibn Faṭayrā lui demanda : « Quand l’as-tu vu ? » Il répondit : « Au début de la nuit. » Ibn Faṭayrā répliqua : « Pour ma part, je l’ai vu à la fin (12) et il m’a dit : “Si un homme dont la description est telle ou telle vient te solliciter, ne lui donne rien.” » L’homme s’en retourna alors.