Puis les affaires commencèrent, après la mort de Ṣalāḥ al-Dīn (1), à s’agiter, à diverger et à s’aggraver (2) dans toutes ces circonstances (3), jusqu’à ce que la situation aboutisse à son issue finale. Les royaumes se stabilisèrent, et les assemblées (4) se réunirent autour du frère du sultan al-ʿĀdil (5). Ainsi, la royauté revint à ses enfants – ces nobles et illustres descendants, comme nous le préciserons (6) – si Dieu le veut.
Au cours de cette même année (7), le calife al-Nāṣir li-Dīn Allāh (8) renouvela la bibliothèque de l’école Niẓāmiyya à Bagdad et y transféra des milliers de livres précieux. Il survint à Bagdad, en muḥarram de cette année (9), un événement étrange : la fille d’un marchand de farine (10) s’éprit du serviteur de son père. Lorsqu’il découvrit leur relation, le père chassa le serviteur de sa maison. Une nuit, la fille lui fixa un rendez-vous (11) et il vint discrètement la retrouver. Elle lui permit de rester quelque temps dans une partie de la maison (12). En pleine nuit, il tua alors son maître, le père de la jeune femme (13), sur l’ordre de celle-ci, puis elle l’incita aussi à tuer sa mère, qui se trouvait enceinte, ce qu’il fit. Elle lui remit ensuite des bijoux d’une valeur de deux mille dinars. Le lendemain, l’affaire parvint à la police : le meurtrier fut arrêté et exécuté. Qu’Allāh le châtie, lui et elle. Son maître, pour sa part, était l’un des hommes les plus pieux et les plus généreux, et il était (14) un jeune homme au visage radieux – qu’Allāh lui fasse miséricorde.
La même année, le shaykh Abū ʿAbd Allāh ibn Abī ʿAlī al-Nūqānī (15) assura l’enseignement dans la nouvelle école édifiée près du tombeau de Maʿrūf al-Karkhī, en présence des juges et des notables. Un grand banquet y fut alors offert.