Al-Bidayah wa an-NihayahIbn Kathir

Il écoutait le hadith, au point qu’un jour, au cours de l’une de ses batailles, il en entendit un fragment alors qu’il se trouvait entre les deux lignes de combat, et il s’en glorifia (1), disant : « C’est une situation où personne avant moi n’a entendu de hadith (2). » C’était sous l’indication d’al-‘Imād al-Kātib. Il était sensible de cœur, prompt aux larmes en entendant le hadith, et faisait preuve d’un grand (3) respect pour les prescriptions de la religion. Il se réfugia (4) auprès de son fils al-Ẓāhir, qui se trouvait à Alep, dans la compagnie d’un jeune homme appelé al-Shihāb al-Suhrawardī (5), lequel connaissait l’alchimie, ainsi que divers procédés de prestidigitation et d’artifices magiques. Le fils, le sultan al-Ẓāhir, se laissa subjuguer par lui, le rapprocha de lui et l’aima (6), contre l’avis des juristes. On écrivit alors au sultan enjoignant de l’exécuter sans faille, et son fils le crucifia par ordre de son père et l’exposa aux yeux de tous. On raconte (7) qu’il l’emprisonna entre deux murs jusqu’à ce qu’il meure de chagrin, cela en l’an cinq cent quatre-vingt-six.

Le sultan Ṣalāḥ al-Dīn (qu’Allâh lui fasse miséricorde) comptait parmi les hommes les plus courageux et les plus robustes, tant physiquement que moralement, malgré des maladies et infirmités multiples qui l’affligeaient au fil du temps (8). Il se maintenait fermement à son poste, en état de défense et de persévérance, particulièrement lorsqu’il se trouvait devant ‘Akkā (Acre), car plus les rangs de l’ennemi croissaient et plus leurs renforts s’accumulaient, plus lui-même redoublait de force et de vaillance. Leurs effectifs atteignirent cinq cent mille combattants, (certains disent jusqu’à six cent mille). Ils perdirent (9) en tout cent mille hommes.

Lorsque la bataille prit fin (10) et qu’ils s’emparèrent de ‘Akkā, ils massacrèrent la plupart de ceux qui s’y trouvaient [parmi les musulmans] (11). Puis ils se dirigèrent au complet vers Bayt al-Maqdis (Jérusalem) (12). Ṣalāḥ al-Dīn les suivit étape après étape [et station après station] (13), alors même que leurs forces étaient des multiples de ses propres troupes. Pourtant, Dieu lui accorda la victoire et les humilia [Il le soutint et les anéantit] (14). Il les devança jusqu’à Bayt al-Maqdis (15), qu’il préserva et protégea. Il en consolida les édifices, raffermit ses fondations, en sauvegarda l’enceinte et ne cessa de s’y tenir avec son armée, les effrayant, les mettant en déroute, les submergeant et les affrontant, les brisant et les capturant, jusqu’à ce qu’ils se soumettent à lui, s’inclinent devant lui et entrent en sa présence [pour négocier la trêve].

(1) T. : On entend dans certains de ses rangs une partie alors qu'il était entre les deux rangs, et il se vantait. Et "bajah" signifie la joie, et on dit "bajjahah" par extase de joie, ainsi il s'est vanté. Le Dictionnaire (Bajah). (2) T. : Personne n'a entendu de parole de celui qui l'a tué. (3) T. : Et il était nombreux. (4) T. : Il avait accompagné son fils. (5) Il s'agit de Yahya ibn Habash, une longue notice biographique lui est consacrée dans Wafayāt al-Aʿyān (vol. 6, p. 268). (6) N'existe pas dans B. (7) T. : Mais. (8) Leur position dans T. : Et surtout lors du siège d'Acre, bien que la foule et leurs renforts fussent nombreux, cela ne faisait qu'accroître sa force et son courage. (9) T. : Six cent mille furent tués. (10) A, B : l'État. (11) Repris uniquement dans T. (12) T. : Et tous partirent vers Jérusalem. (13) N'existe pas dans T. (14) N'existe pas dans T. (15) T. : Jérusalem.
سماع الحديث، حتى إِنه سمع في بعض مصافّه جزءًا وهو بين الصفين ويتبجَّح (١) بذلك، ويقول: هذا موقف لم يسمع فيه أحد من قبله حديثًا (٢) ، وكان ذلك بإِشارة العماد الكاتب. وكان رقيق القلب، سريع الدمعة عند سماع الحديث، وكثير (٣) التعظيم لشرائع الدين، وكان قد لجأ إِلى (٤) ولده الظاهر وهو بحلب شاب يقال له: الشهاب السهروردي (٥) ، وكان يعرف الكيمياء وشيئًا من الشعبذة والأبواب النيرنجيات، فافتتن به ولده السلطان الظاهر وقرَّبه وأحبه (٦) ، وخالف فيه حملة الشرع، فكتب إِليه أن يقتله لا محالة، فصلبه ولده عن أمر والده وشهَّره، ويقال: إِنه (٧) حبسه بين حيطين حتى مات كمدًا، وذلك في سنة ست وثمانين وخمسمئة، وكان السلطان صلاح الدين (رحمه الله) من أشجع الناس وأقواهم بدنًا وقلبًا مع ما كان يعتري خمسمئة من الأمراض والأسقام، ولا سيما (٨) وهو مرابط مصابر مثابر عند عكا فإِنهم كانوا كلما كثرت جموعهم وتراكمت أمدادهم لا يزيده ذلك إِلا قوة وشهامة، وقد بلغت جموعهم خمسمئة ألف مقاتل، ويقال: ستمئة ألف، وكان جملة من قتل (٩) منهم مئة ألف مقاتل. ولما انفصل الحرب (١٠) وتسلموا عكا، وقتلوا أكثر من كان بها [من المسلمين] (١١) ، ساروا برُمَّتهم إِلى بيت المقدس (١٢) فجعل يسايرهم منزلة منزلة، [ومرحلة مرحلة] (١٣) ، وجيوشهم أضعاف أضعاف من معه، ومع هذا نصره الله وخذلهم، [وأيده وقتلهم] (١٤) وسبقهم إِلى بيت المقدس (١٥) فصانه وحماه منهم، وشيد بنيانه، وأطّد أركانه، وصان حماه، ولم يزل بجيشه مقيمًا به يرهبهم ويرعبهم ويغلبهم وشملبهم. ويكسرهم ويأسرهم حتى تضرعوا إِليه وخضعوا لديه، ودخلوا عليه، [أن يصالحهم
(١) ط: يسمع في بعض مصافه جزء وهو بين الصفين فكان يتبجح. والبجح: الفرح، وبجحته تبجيحًا فتبجّح. القاموس (بجح). (٢) ط: لم يسمع أحد من قتله حديثًا. (٣) ط: وكان كثير. (٤) ط: كان قد صحب ولده. (٥) هو يحيى بن حبش، له ترجمة واسعة في وفيات الأعيان (٦/ ٢٦٨). (٦) ليس في ب. (٧) ط: بل. (٨) مكانهما في ط: ولا سيما في حصار عكا فإنه كان مع كثرة جموعهم وأمدادهم لا يزيده ذلك إِلا قوة وشجاعة. (٩) ط: ستمئة ألف فقتل. (١٠) أ، ب: الحال. (١١) عن ط وحدها. (١٢) ط: وساروا برمتهم إِلى القدس. (١٣) ليس في ط. (١٤) ليس في ط. (١٥) ط: القدس.

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