Son rang s’éleva (1), et il demeura ainsi jusqu’à son décès au cours de la même année.
[Abou al-Murhaf an-Numayrī] (2) :
Au mois de Rabīʿ al-Ākhir, l’écrivain et poète Abou al-Murhaf Naṣr ibn Manṣūr an-Numayrī décéda. Il étudia le ḥadīth et se consacra à la littérature. Atteint de la variole à l’âge de quatorze ans (3), il subit une forte diminution de sa vue : il ne distinguait pas les objets éloignés, mais voyait ceux qui étaient proches de lui et n’avait pas besoin de guide. Il se rendit en Irak pour soigner ses yeux, mais les médecins le jugèrent incurable. Il se mit alors à mémoriser le Coran et à fréquenter les hommes pieux et les ascètes, et il en fut récompensé. Il laissa derrière lui un important et beau recueil de poèmes.
On l’interrogea un jour sur son école et sa croyance, et il dit (4) :
[vers en mètre at-Ṭawīl]
« J’aime ʿAlī, la Vierge (Fāṭima) et leur descendance,
Sans nier aux deux Cheikhs (Abou Bakr et ʿUmar) le mérite de leur antériorité.
Je me dissocie de ce que ʿUṯmān a pu subir comme torts,
Tout comme je me désavoue de toute allégeance à Ibn Muljam.
J’admire la sincérité des gens du ḥadīth,
Et je ne me revendique d’aucun autre groupe qu’eux. »
Il mourut (5) à Bagdad et y fut inhumé dans le cimetière des martyrs à Bāb Ḥarb – que Dieu lui fasse miséricorde (6).
Puis (7) arriva l’année cinq cent quatre-vingt-neuf de l’Hégire. Au cours de celle-ci, le sultan (8) al-Malik an-Nāṣir (9) Ṣalāḥ ad-Dīn – que Dieu lui fasse miséricorde – décéda.
(1) A, B : jusqu'à ce qu'ils soient partis.
(2) Sa biographie se trouve dans le Dictionnaire des littérateurs (19/222), où il est mentionné : Naṣr ibn al-Ḥasan ibn Jawshan ibn Manṣūr ibn Ḥumayd ibn Anāl, Abū al-Marhaf al-ʿĪlānī al-Namirī (le nom de son père Manṣūr est omis, bien qu’il soit attesté dans les sources biographiques) ; voir aussi Mirʾāt (8/421), al-Takmila d’al-Mundhirī (1/170), al-Rawḍatayn (2/211), Ibn Khallikān (5/383-384), Tārīkh al-Islām (12/861-863), Mirʾāt al-Janān (3/438) et le supplément d’Ibn Rajab (1/374-376).
(3) T : Quatre, erreur.
(4) Les vers sont dans al-Rawḍatayn (2/211).
(5) T : Décédé.
(6) Le terme (Taʿālā) apparaît uniquement dans T. Ensuite, dans T : « Avec la louange d’Allāh Taʿālā, l’impression du douzième volume de al-Bidāya wa al-Nihāya de l’érudit Ibn Kathīr est achevée ; il sera suivi par le treizième volume dont le début date de l’an 599 de l’Hégire. Que la meilleure prière et les salutations parfaites soient sur son auteur. Ibn Kathīr est décédé, qu’Allāh les mentionne. »
(7) Avant cela, dans T : « Au nom d’Allāh, le Tout Miséricordieux, le Très Miséricordieux », car c’est le début du treizième volume.
(8) Il est rare qu’un livre d’histoire ou de biographies soit dépourvu de la notice de Ṣalāḥ al-Dīn. Pour ne citer que quelques exemples : Ibn al-ʿAthīr (9/225-227), Mirʾāt al-Zamān (8/425), al-Rawḍatayn (2/212-226), Wafayāt al-Aʿyān (7/139-218), Ibn al-ʿAbrī (388-389), Abū al-Fidāʾ (3/85-87), al-ʿIbar (4/270), Mirʾāt al-Janān (3/439-466) et la Sīra de Ṣalāḥ al-Dīn par Ibn Shaddād.
(9) N’existe pas dans T.