Al-Bidayah wa an-NihayahIbn Kathir

Muʿāwiya ibn Salām rapporte d’Abū Salām, d’après al-Ḥārith al-Ashʿarī, un récit similaire, où la mention de Zayd ibn Salām, rapportant d’Abū Salām, d’après al-Ḥārith al-Ashʿarī, fait défaut. Il en rapporte donc une version proche (1).

Puis l’historien Ibn ʿAsākir transmit par la chaîne de ʿAbd Allāh ibn Abī Jaʿfar al-Rāzī, d’après son père, d’après al-Rabīʿ ibn Anas, que l’on racontait, au sujet des Compagnons du Messager de Dieu ﷺ, d’après ce qu’ils avaient entendu des savants des Fils d’Israël, que Yaḥyā ibn Zakariyyā (Jean le Baptiste) leur avait envoyé cinq préceptes, mentionnant un récit semblable à ce qui précède.

Il fut également relaté que Yaḥyā (la paix soit sur lui) se tenait souvent à l’écart des gens, préférant la solitude dans les déserts, se nourrissant de feuilles d’arbres, buvant l’eau des rivières et, parfois, mangeant des sauterelles. Il disait : « Qui est plus comblé que toi, ô Yaḥyā ! »

Ibn ʿAsākir rapporta (2) que ses parents partirent le chercher et le trouvèrent près du lac du Jourdain. Lorsqu’ils le retrouvèrent, il les fit pleurer à chaudes larmes, tant il se consacrait à l’adoration et éprouvait la crainte de Dieu – Exalté soit-Il –.

Ibn Wahb transmit, d’après Mālik, lui-même d’après Ḥumayd ibn Qays, rapportant de Mujāhid, que la nourriture de Yaḥyā ibn Zakariyyā consistait en herbes, et qu’il pleurait de crainte de Dieu au point que, si l’on avait appliqué du goudron sur ses yeux, ses larmes l’auraient percé.

Muḥammad ibn Yaḥyā al-Ḏuhalī raconta : « Abū Ṣāliḥ nous rapporta, (l’imam) al-Layth nous informa : ʿUqayl me transmit, d’après Ibn Shihāb, qui déclara : Un jour, je m’assis auprès d’Abū Idrīs al-Khawlānī, alors qu’il prêchait, et il dit : “Voulez-vous que je vous informe de celui qui avait la nourriture la plus exquise ?” Puis, voyant le regard des gens posé sur lui, il expliqua : “Il s’agit de Yaḥyā ibn Zakariyyā : il avait la nourriture la plus exquise, car il mangeait avec les bêtes sauvages pour éviter de se mêler aux gens dans leurs affaires quotidiennes.” »

Ibn al-Mubārak rapporta, d’après Wahīb ibn al-Ward, que Zakariyyā perdit son fils Yaḥyā pendant trois jours. Il partit le chercher dans la steppe et finit par le trouver : il avait creusé une tombe et s’y était dressé, pleurant sur lui-même. Zakariyyā lui dit : « Mon fils, je te cherche depuis trois jours, et voilà que tu es dans cette tombe que tu as creusée, à pleurer ainsi ? » Il répondit : « Ô mon père, n’es-tu pas celui qui m’a informé que, entre le Paradis et l’Enfer, se trouve un passage (3) qui ne se franchit qu’avec les larmes des grands pleureurs ? » Alors le père lui dit : « Pleure, ô mon fils », et ils se mirent à pleurer tous deux.

C’est ainsi que Wahb ibn Munabbih et Mujāhid ont rapporté un récit analogue. Ibn ʿAsākir rapporte également de lui qu’il disait : « Les gens du Paradis ne dorment pas, tant ils jouissent des délices qui s’y trouvent ; il convient donc d’agir en conséquence. »

(1) C’est ainsi dans les manuscrits Ṭ et les éditions dont nous disposons, et l’expression est à la fois confuse et incorrecte, car al-Ṭabarānī a relaté ce hadith de Muhammad ibn ʿAbda, de Abū Ṭūba, de Muʿāwiya, de Zayd ibn Sallām, d’Abū Salām, avec la mention explicite de « Zayd ibn Sallām », ce qui ne tombe pas dans le texte comme indiqué. C’est ainsi qu’il se trouve dans son Al-Muʿjam al-Kabīr (3430) et dans le Musnad al-Shāmiyyīn (2870). De même, l’imam al-Mizzī le rapporte de lui dans Tahdhīb al-Kamāl (5/217-218). Il n’y a donc plus aucun doute que « Zayd ibn Sallām » figure dans sa chaîne de transmission. Quant à la confusion dans la phrase : « il manque la mention de Zayd ibn Sallām de Abū Salām de al-Hārith al-Ashʿarī », alors qu’il a déjà été mentionné auparavant « de Abū Salām de al-Hārith al-Ashʿarī » ! Nous craignons le plus vivement que cette expression ait été intercalée dans le texte (Bachār ʿAwwād). (2) Mukhtaṣar Ibn Manẓūr (9/49). (3) C’est ainsi dans les manuscrits B et Ṭ. Dans le manuscrit ʾĀ : maqām.
معاوية بن سلام عن أبي سلام عن الحارث الأشعري، فذكر نحوه، فسقط ذكر زيد بن سلَّام عن أبي سلَّام عن الحارث الأشعري فذكر نحو هذه الرواية (١) . ثمّ روى الحافظ ابن عساكر من طريق عبد اللّه بن أبي جعفر الرازي، عن أبيه، عن الربيع بن أنس قال: ذُكر لنا عن أصحاب رسول اللّه ﷺ فيما سمعوا من علماء بني إسرائيل أن يحيى بن زكريا أرسل بخمس كلماتٍ، وذكر نحو ما تقدّم. وقد ذكروا أن يحيى (عليه السلام) كان كثيرَ الانفراد من الناس، إنما كان يأنسُ إلى البراري، ويأكل من ورق الأشجار، ويرد ماء الأنهار ويتغذى بالجراد في بعض الأحيان. ويقول: من أنعم منك يا يحيى!. وروى ابن عساكر (٢) أن أبويه خرجا في تطلُّبه فوجداه عند بحيرة الأردن، فلما اجتمعا به أبكاهما بكاءً شديدًا لما هو فيه من العبادة والخوف من الله – Exalté soit-Il – . وقال ابن وهب عن مالك عن حميد بن قيس عن مجاهد قال: كان طعام يحيى بن زكريا العشب، وإنه كان ليبكي من خشية اللّه حتى لو كان القار على عينيه لخرقه. وقال محمد بن يحيى الذهلي: حدّثنا أبو صالح، حدّثنا الليث، حدّثني عُقيل، عن ابن شهاب قال: جلست يومًا إلى أبي إدريس الخولاني وهو يقص، فقال: ألا أخبركم بمن كان أطيب الناس طعامًا؟ فلما رأى الناس قد نظروا إليه قال: إن يحيى بن زكريا كان أطيب الناس طعامًا، إنما كان يأكل مع الوحش كراهةَ أن يُخالط الناس في معايشهم. وقال ابن المبارك عن وهيب بن الورد قال: فَقَدَ زكريا ابنَه يحيى ثلاثة أيام، فخرج يلتمسه في البرية فإذا هو قد احتفر قبرًا وأقام فيه يبكي على نفسه، فقال: يا بني أنا أطلبك من ثلاثة أيام وأنت في قبرٍ قد احتفرته، قائم تبكي فيه؟ فقال: يا أبت ألستَ أنتَ أخبرتني أن بين الجنة والنار مفازة (٣) لا تقطع إلا بدموع البكّائين؟ فقال له: ابكِ يا بني، فبكيا جميعًا. وهكذا حكاه وهب بن منبه، ومجاهد بنحوه. وروى [ابن عساكر] عنه أنه قال: إن أهل الجنة لا ينامون للذة ما هم فيه من النعيم، فكذا ينبغي
(١) هكذا في ط والأصول التي بين أيدينا، والعبارة مرتبكة وغير صحيحة في الوقت نفسه، ذلك أن الطبراني قد روى هذا الحديث عن محمد بن عبدة، عن أبي توبة، عن معاوية، عن زيد بن سلام عن أبي سلام، به فلم يسقط منه "زيد بن سلام" كما في النص، هكذا هو عنده في معجمه الكبير (٣٤٣٠)، وفي مسند الشاميين (٢٨٧٠)، وكذلك نقله الإمام المزي عنه في تهذيب الكمال (٥/ ٢١٧ - ٢١٨) فلم يعد أدنى شك أن "زيد بن سلام" مذكور في إسناده. أما الارتباك ففي قوله: "فسقط ذكر زيد بن سلام عن أبي سلام عن الحارث الأشعري"، مع أنه ذكر قبل "عن أبي سلام عن الحارث الأشعري"! ونحن أخوف ما نكون أن تكون هذه العبارة مقحمة على النص (بشار عواد). (٢) مختصر ابن منظور (٩/ ٤٩). (٣) كذا في ب وط. وفي أ: مقام.

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