Al-Bidayah wa an-NihayahIbn Kathir

Alors, le roi d’Angleterre – que Dieu le maudisse – se mit en selle parmi ses compagnons, après avoir pris ses armes et préparé ses lances pour le combat. Il parcourut l’aile droite jusqu’à l’extrémité de l’aile gauche, c’est-à-dire celles des musulmans, mais aucun de leurs cavaliers ne s’avança pour l’affronter, et nul champion vaillant ne se dressa devant lui pour le défier. Devant cela, le sultan rebroussa chemin, affligé de ne voir dans les rangs aucune obéissance ni même d’écoute. « À Dieu nous appartenons et à Lui nous retournons. [Et s’il avait eu autorité sur eux, il n’aurait laissé personne prendre le moindre sou du trésor public.] »

Ensuite, le roi d’Angleterre fut frappé d’une grave maladie. Il envoya demander au sultan des fruits et de la glace ; le sultan les lui fit parvenir par générosité et par bienveillance, manifestant ainsi sa force et sa magnanimité. Puis il guérit – que Dieu le maudisse – et dépêcha à plusieurs reprises des messagers auprès du sultan pour conclure la paix, car il aspirait à retrouver ses enfants, son pays et les plaisirs qui l’y attendaient. Il accepta alors les conditions du sultan, renonça à ses prétentions sur Ascalon et s’en remit à ce que le sultan avait édicté. On rédigea l’acte de paix, suivant l’ordre du sultan, le dix-huitième jour de Shaʿbân. Les accords et les pactes furent confirmés par chaque roi parmi leurs rois, ainsi que par un évêque et un catholicos. Les émirs musulmans prêtèrent également serment et signèrent de leur main. Quant au sultan, on se contenta de sa simple parole, comme il est d’usage chez les sultans. Les deux parties se réjouirent vivement, et la joie fut grande. L’armistice scella la cessation des hostilités pour trente années et six mois.

Il fut convenu en outre que les Francs seraient maintenus dans la possession des territoires côtiers déjà en leur pouvoir, tandis que les musulmans conserveraient les régions montagneuses, et que les districts intermédiaires seraient partagés à parts égales. Le sultan envoya alors cent sapeurs, accompagnés d’un émir, pour démolir la muraille d’Ascalon et en expulser les Francs et les Allemands qui s’y trouvaient.

Le sultan retourna ensuite à la noble Jérusalem, où il réorganisa et affermit ses dispositions, administra ses affaires avec prudence et les consolida. Il augmenta aussi la dotation de la madrasa en y ajoutant un marché et ses boutiques, ainsi que des terres et des vergers. Il accroît également la dotation dédiée aux soufis et décida d’accomplir le pèlerinage cette même année.

(1) Œuvre : Wa Ahbat Nazālah. (2) Manuscrit A : Nahsh, manuscrit B : Nahs. (3) Absent dans l’édition. (4) Unique à l’édition. (5) Œuvre : Faʿatha. (6) Manuscrits A et B : Min bāb al-quwwa. (7) Œuvre : wa taraka talab. (8) Leur emplacement dans l’édition : entre les deux. (9) Absent dans manuscrit B. (10) Œuvre : Sābiʿ. (11) Manuscrits A et B : Kathīran. (12) Œuvre : Taqsim. (13) Manuscrits A et B : waʾaṭṭadaha.
هذا وملك الإِنكليز، لعنه الله، قد ركب في أصحابه وأخذ عدة قتاله وحرابه (١) ، واستعرض الميمنة إِلى آخر الميسرة، يعني ميمنة المسلمين وميسرتهم، فلم يتقدم إِليه منهم أحد من الفرسان ولا نهر (٢) في وجهه بطل من الشجعان، فعند ذلك كرّ السلطان راجعًا، وقد أحزنه أنه لم يَر في الجيش مطيعًا [ولا سامعًا] (٣) ، فإنا لله وإِنا إِليه راجعون [ولو أن له بهم قوة لما ترك أحدًا منهم يتناول من بيت المال فلسًا] (٤) . ثم حصل لملك الإِنكليز بعد ذلك مرض شديد، وبعث (٥) إِلى السلطان يطلب منه فاكهة وثلجًا، فأمدَّه السلطان بذلك من باب (٦) الكرم والإحسان وإظهار القوة والامتنان، ثم عوفي، لعنه الله، وتكررت الرسل منه يطلب من السلطان المصالحة وذلك لكثرة شوقه إِلى أولاده وبلاده، وتوقه إِلى ملاذه، وطاوع السلطان على ما يقول، ونزل عن (٧) طلب عسقلان، ورضي بما رسم به السلطان، وكتب كتاب الصلح، (٨) على ما رسم به (٩) السلطان ثامن (١٠) عشر شعبان، وأُكدت العهود والمواثيق في كل ملك من ملوكهم، وأُسقف وجاثليق، وحلف الأمراء من المسلمين، وكتبوا خطوطهم، واكتفى من السلطان بالقول المجرد، كما جرت به عادة السلاطين، وفرح كل من الفريقين فرحًا شديدًا (١١) ، وأظهروا سرورًا كثيرًا، ووُقِّعت الهدنة على وضع الحرب ثلاثين سنة وستة أشهر. وعلى أن يقرهم على ما بأيديهم من البلاد الساحلية، وللمسلمين ما يقابلها من البلاد الجبلية، وما بينهما من المعاملات، فقسمها (١٢) على المناصفة، وأرسل السلطان مئة نقاب صحبة أمير لتخريب سور عسقلان وإِخراج مَنْ بها من الفرنج والألمان. وعاد السلطان إِلى القدس الشريف، فرتّب أحوالها ووطّدها (١٣) ، وسدّد أموره وأكّدها، وزاد وقف المدرسة سوقًا بدكاكينها، وأرضًا وبساتينها، وزاد وقف الصوفية أيضًا، وعزم على الحج عامه ذلك،
(١) ط: وأهبة نزاله. (٢) أ: نهش، ب: نهس. (٣) ليس في ط. (٤) عن ط وحدها. (٥) ط: فبعث. (٦) أ، ب: من باب القوة. (٧) ط: وترك طلب. (٨) مكانهما في ط: بينهما. (٩) ليس في ب. (١٠) ط: سابع. (١١) أ، ب: كثيرًا. (١٢) ط: تقسم. (١٣) أ، ب: وأطّدها.

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