Le sultan refusa de rendre Ascalon et leur céda la Qumamah, tout en imposant aux pèlerins une somme à percevoir sur chacun d’eux. Les Anglais ne voulurent rien entendre tant qu’on ne leur restituerait pas Ascalon et que l’on ne rebâtirait pas son rempart comme auparavant. Le sultan s’entêta alors à rejeter cette demande.
Ensuite, il partit à la tête de sa grande armée et arriva jusqu’à Jaffa. Il la soumit à un siège rigoureux, puis s’en empara. Son armée y fit une ample prise de butin, tandis que la citadelle résistait encore. Le sultan en poussa le siège à l’extrême jusqu’à l’affaiblir, de sorte qu’elle faillit se rendre et envoyer ses clefs pour obtenir la sécurité de tous, grands et petits. Soudain, les navires anglais apparurent sur la mer déchaînée, ranimant l’ardeur et la détermination des assiégés. Le “maudit” attaqua alors et reprit la ville, faisant exécuter sous ses yeux les musulmans qui y étaient restés. Le sultan se retira de son camp de siège, plus en arrière, par crainte pour son armée devant l’affrontement avec les Francs.
Le roi d’Angleterre s’étonna de la vigueur du sultan, se demandant comment celui-ci était parvenu à conquérir en deux jours une ville si vaste, alors qu’un autre n’y parviendrait pas même en deux ans. Toutefois, il déclara : « Je ne pensais pas que, malgré sa bravoure et sa fermeté, il se retirerait de sa position à ma simple arrivée, alors que mes hommes et moi sommes sortis de la mer sans armes de combat ni équipement de bataille. »
Le roi insista ensuite pour conclure la paix et inclure Ascalon dans leur traité, mais le sultan s’y refusa catégoriquement. Peu de temps après, le sultan mena de nuit une attaque-surprise contre les Anglais, alors qu’ils n’étaient que dix-sept combattants entourés de quelques fantassins seulement. Le sultan fondit sur eux avec son armée et les encercla si étroitement qu’ils ne pouvaient plus espérer s’échapper — si toutefois son armée avait mené l’assaut jusqu’au bout. Mais tous reculèrent devant la charge, et il n’est de force qu’en Dieu. Le sultan les exhorta de toutes ses forces, mais ils s’y refusèrent comme un malade refuse de boire son remède.