Lorsque le lendemain, un samedi, arriva, des missives vinrent des gardes (1) qui entouraient la ville, annonçant que les Francs étaient en désaccord entre eux [à propos du siège de Jérusalem] (2). Alors le roi des Francs déclara : « Nous ne sommes venus que de contrées lointaines et nous avons dépensé quantité de richesses pour reprendre la Maison sacrée et la rendre à notre possession. Il ne reste plus qu’une seule étape entre nous et elle. » Les Anglais répondirent : « Il nous est pénible de l’assiéger, car il n’y a pas d’eau aux alentours. D’ici à ce que l’eau nous parvienne d’un lieu si éloigné, le siège (3) sera interrompu (5), l’armée s’épuisera et finira par se détruire. »
Ils tombèrent alors d’accord pour désigner trois cents d’entre eux afin de statuer, puis confièrent leur décision à douze d’entre eux, et ceux-ci la transmirent finalement à trois d’entre eux. Ces trois passèrent la nuit à délibérer puis, au matin, ils rendirent leur verdict : se retirer. Ils ne purent s’y opposer et se retirèrent, — que Dieu les maudisse tous —, en repartant jusqu’à ce qu’ils atteignent Ramla, n’en pouvant plus de l’éloignement et de la difficulté du séjour. C’était à l’aube du vingt et unième jour de Jumâdâ al-Âkhirah. [Ils rentrèrent avec leur marché perdant et la défaite en ce monde et dans l’autre] (8).
Alors le sultan sortit avec son armée hors de Jérusalem (9) et marcha à leur poursuite, de crainte qu’ils ne se dirigent vers l’Égypte (11), à cause de la grande quantité de bêtes de somme et de richesses qu’ils avaient (12). Le roi des Anglais en parlait souvent, mais Dieu les en détourna (13). Des envoyés anglais vinrent alors trouver le sultan à plusieurs reprises pour demander la paix (15) et convenir de suspendre le conflit entre lui (16) et eux pendant trois ans [et six mois] (17), à condition qu’il leur rende Ascalon (18) et leur cède l’église (19) de Jérusalem, c’est-à-dire celle de Qumâmah, tout en permettant aux pèlerins chrétiens de la visiter et de s’y rendre librement, sans