Celui qui construisit la tombe de l’imam Ash-Shāfiʿī au Caire, sur l’ordre du sultan Ṣalāḥ ad-Dīn, et y consacra de riches dotations (1). Il en reçut la charge de l’enseignement et de la direction, et le sultan le respectait et l’honorait. Je l’ai mentionné dans « Ṭabaqāt ash-Shāfiʿiyya » ainsi que dans ce qu’il composa au sujet de la doctrine, y compris son « Commentaire du Wasīṭ » et d’autres œuvres. Lorsque Al-Khabūshānī (2) décéda, plusieurs personnes convoitaient la fonction d’enseignement. Alors, le roi Al-ʿĀdil intercéda auprès de son frère en faveur du shaykh (3) des shuyūkh, Abū al-Ḥasan Muḥammad ibn Ḥamwaya, et il le nomma à ce poste (4). Puis il en fut démis après la mort du sultan. Les fils du sultan s’y succédèrent l’un après l’autre, jusqu’à ce que l’établissement (5) leur fût finalement retiré, et qu’il revînt alors aux juristes et aux professeurs (6). Dieu (7) — exalté soit-Il — demeure le plus savant quant à ce qu’il en est réellement.
Puis arriva l’année cinq cent quatre-vingt-huit de l’hégire. Elle débuta alors que le sultan Ṣalāḥ ad-Dīn campait à la noble Jérusalem (8). Il avait réparti la restauration des remparts entre ses fils et ses émirs, et travaillait lui-même (9), portant la pierre entre le pommeau (10) de sa selle et lui. Les gens l’imitaient, et les savants ainsi que les juristes s’employaient de leurs propres mains. Quant aux Francs (11) — qu’Allah les maudisse —, ils se massaient autour de la ville, du côté d’Ascalon et des territoires voisins, sans oser (12) s’approcher de la cité à cause des gardes et des patrouilles (yazk) du sultan aux abords de la noble Jérusalem. Toutefois, ils restaient fermement résolus à l’assiéger, unis dans leur volonté de nuire à l’islam. À l’occasion, ils prenaient l’avantage, parfois ils étaient dominés ; tantôt ils pillaient, tantôt ils étaient pillés (13)(14).
Au mois de Rabīʿ al-Ākhir, l’émir Sayf ad-Dīn al-Mashṭūb parvint jusqu’au sultan à Jérusalem après avoir été fait prisonnier (15), et